assurance vie 2016

La Fédération Française de l’Assurance vient de publier ses chiffres, notamment sur l’assurance vie et confirme le ressenti des professionnels : la collecte a régressé pour le mois de juin 2016, atteignant 810 millions d’euros, soit une baisse de 600 millions d’euros par rapport au mois de mai 2016.

On peut donc naturellement s’interroger les causes de ce recul ainsi que sur le caractère conjoncturel ou structurel de ce déclin.

Assurance-vie : Le constat

Le niveau de cette collecte (810 millions d’euros) a atteint le seuil de décembre 2014. A titre de comparaison, elle était de 3 milliards d’euros au début de l’année.

Plus précisément, les épargnants ont déposé environ 11 milliards d’euros sur les contrats d’assurance vie, soit un montant sensiblement équivalent aux mois derniers.

Le changement vient du fait du montant des retraits : ceux-ci ont en effet été de l’ordre de 10,2 milliards d’euros, un record (jamais atteint en 2015). Ils concernent les fonds euros comme et les Unités de Compte (UC).

Assurance-vie : Les causes d’une faible collecte

Les explications de ce phénomène sont principalement de deux ordres : les taux faibles et la forte volatilité des marchés.

En effet, c’est un paradoxe de l’assurance vie. Alors que ce support est connu, notamment, pour sa modularité, i.e. la souplesse qui permet d’investir plus ou moins sur les fonds euros ou sur les unités de compte, la pertinence de ces 2 compartiments est aujourd’hui remise en question.

Le fonds euros, qui permet de garantir toute perte en capital, présente un rendement en perpétuelle baisse, puisque investi par l’assureur en obligations, elles-mêmes indexées sur les taux.

Les marchés, qui permettent de booster son contrat par des perspectives de rendement élevé, offrent de moins en moins de lisibilité. Les gains substantiels sont donc de plus en plus hasardeux, même avec une bonne connaissance économique.

Les investisseurs et épargnants transfèrent de ce fait une partie de ces sommes sur des livrets, peu rémunérateurs mais garantis ou sur le marché de l’immobilier qui profite des taux bas du crédit.

Assurance-vie 2016 : Les enjeux

D’ailleurs, ce processus de retrait pourrait créer un cercle vicieux. En effet, ils poussent les banques et assureurs à vendre les obligations sur lesquelles les fonds euros sont assis afin de financer ces retraits.

Or, ces obligations, souscrites avant que les taux soient si bas, sont mieux rémunérées que celles proposées aujourd’hui. Les fonds euros souscrits à l’heure actuelle vont donc être indexés sur des obligations du moment, moins rémunératrices, cela entraînant une baisse du rendement des fonds euros, et donc une baisse de la collecte à venir, d’où le risque important d’un cercle vicieux.

Pour retrouver une collecte « convenable » sur les assurances vie, l’enjeu va donc être d’inciter les épargnants à compenser la baisse des fonds euros en se positionnant sur les UC et leurs perspectives de rendement plus important.

Dans ce cadre, pour pallier à l’exposition à la volatilité des marchés, les professionnels vont devoir innover ou proposer d’autres supports d’UC : les produits structurés, par exemple, permettent, de scénariser les perspectives des marchés. Autre exemple : les SCPI sont un autre moyen d’aller chercher du rendement tout en limitant les risques liés à une trop grande volatilité.

Cette marge de manœuvre est d’autant plus importante que les UC ne représentent que 19% des cotisations et ont en plus perdu, elles aussi, environ 500 millions d’euros de collecte depuis le mois dernier.

Auteur : Olivier ARDITTI

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