La BCE lance ses achats d’obligations d’entreprise

La Banque Centrale Européenne va se lancer, en ce début de mois de juin 2016, dans une démarche de rachat d’obligations d’entreprises.

L’institution européenne ne pouvait, jusqu’alors, acheter que des titres de dettes émanant des Etats de la zone euro (les obligations souveraines). Dorénavant son champ d’action s’élargit au marché de la dette des entreprises et cela répondra plus facilement à leur besoin de financement.

Cette nouvelle étape du « quantitative easing », qui consiste à acheter des titres de dettes d’Etat et maintenant d’entreprises avec de la monnaie créée ex nihilo a pour objectif principal de relancer l’inflation.

Obligations d’entreprise : Faire repartir l’inflation

Le taux d’inflation en zone euro reste en effet depuis ces deux dernières années très en dessous des 2% fixé par la BCE.

Les précédentes mesures ou dispositifs pour relancer cet indice des prix n’ont pas abouti à relancer la distribution du crédit et de ce fait l’inflation en zone euro. Dans le but de parvenir à relancer l’inflation, la solution majeure prônée par la BCE est donc d’injecter des montants importants de liquidités dans le système financier. Ces rachats de titres obligataires ne concerneront plus seulement les obligations d’état mais dorénavant les titres émis par les entreprises de la zone euro.

Cette démarche de rachat vient donc s’ajouter au programme d’assouplissement quantitatif (QE) ainsi qu’aux baisses des taux d’intérêt et des prêts géants aux banques, dans le but de faire repartir l’inflation.

Par ailleurs, en agissant ainsi sur le marché de la dette « corporate », la BCE compte bien faire baisser les coûts d’emprunts pour les sociétés qui restent un obstacle pour relancer l’investissement et donc la croissance.

De plus, les entreprises qui seront éligibles au rachat de leurs obligations devront être bien notées par les agences de notation, c’est-à-dire en ayant une notation allant de « AAA » jusqu’à « BB- ».

Certains avantages à souligner

Les traités européens stipulent l’interdiction pour la BCE de financer les états. Cela signifie concrètement qu’elle ne peut pas intervenir sur le marché primaire de la dette souveraine, c’est-à-dire au moment de l’émission des titres.

En revanche, la BCE pourra souscrire directement au moment des émissions des entreprises (le marché primaire) mais pourra également acheter des obligations d’entreprise (le marché secondaire).

Par ailleurs, accroitre la demande pour répondre aux besoins de liquidités des sociétés aura un autre avantage non négligeable. En effet, la rareté de la demande pour un titre fait augmenter son rendement et une demande élevée aura un effet inverse ce qui devrait attirer les entreprises, qui ont du mal à trouver des financements, à se financer à moindre coût.

De manière générale, il s’agira surtout pour l’entreprisse emprunteur de l’aider à améliorer ses conditions de financement.

La France dans tout ça

Les entreprises françaises devraient principalement bénéficier de ce programme de rachat d’actifs. En effet, le montant des titres éligibles dans la zone euro est de 714 milliards d’euros et la France, à elle seule, représente 250 milliards d’euros, selon des analystes de la Deutsche Bank.

Cette nouvelle étape du QE sera un moyen plus rapide et peu coûteux pour les entreprises d’avoir accès au financement dans la mesure où la BCE pourra directement participer à de nouvelles émissions de dettes par les entreprises ou bien les aider en achetant des titres.
Reste maintenant à observer quelle sera la réaction des banques face à cette nouvelle opportunité de financement à moindre coût qui a vu le jour pour les entreprises…

Eric Sabrié, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Eric Sabrié

CTA investir prudemment sur les marchés financiers




Partager ce contenu

FacebookTwitterLinkedIn

Mentions Légales  - ©2017 Création de Markentive

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?