Marchés financiers - quel bilan à la mi-2017 ?

Les Marchés financiers ont fortement été sollicités en 2016. Plusieurs dates importantes en sont responsables comme celle du 23 juin, jour où les anglais ont décidé de sortir de l’Europe avec le vote du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne. Le 8 novembre 2016, signe l’élection de Donald Trump comme 45ème président des Etats-Unis. Et le 4 décembre 2016, jour de la victoire du « non » au référendum Italien.

La conjoncture économique n’a pas, pour autant, été catastrophique. 2017 réserve aussi des échéances importantes. Comment les marchés voient la fin de l’année ? La reprise des marchés financiers fin 2016 va-t-elle se poursuivre sur tout 2017 ?

Quel a été le bilan pour l’année 2016 du marché français ?

Le CAC 40 termine l’année 2016 à +4,86%, soit dans le vert, comme 2015 (+8,53%). Cependant, l’année 2016 a été très différente de 2015, puisqu’il faut rappeler que le CAC 40 a très mal commencé l’année avec une chute de 16 %, un plus bas atteint le 11 février à 3 892,46 points, suite à la chute des prix du pétrole et aux inquiétudes du secteur bancaire Italien.

Par la suite, la bourse parisienne a bien rebondi et a même absorbé trois évènements majeurs apparus au cours de l’année. Le « Brexit » du 23 juin, l’élection « surprise » de Donald Trump le 8 novembre et le « non » au référendum Italien e 4 décembre. Le bilan économique de 2016 est un bilan assez contrasté. Malgré un petit +4,86%, des dates cruciales et l’inquiétude des agents, les marchés sont restés sur une croissance lente et constante à partir de mars.

Le CAC 40 clôture 2016 à 4 862,31 points, soit presque 1000 points de plus que sont minimum atteint au cours de l’année.

Il faut donc retenir que : « Les marchés ont mis trois jours pour digérer le Brexit, trois heures pour digérer l’élection de Trump et trois minutes pour digérer le non au référendum italien. »

Cette formule reprise par les observateurs de marchés, illustre très bien la résistance du monde de la finance face aux différents chocs politiques.

Après une belle fin 2016, quel bilan à la mi-2017 ?

Bilan 2016 marché FrançaisLa montée de l’euroscepticisme dans de nombreux pays européens et notamment en France n’a pas abouti à un réel choc politique sur les marchés. Malgré la présence Front National au second tour des élections présidentielles françaises, l’idée d’un Frexit a très vite été dissipée lors de la campagne. C’est Emmanuel Macron qui est finalement élu Président de la République le 14 mai 2017. Bonne nouvelle, puisque c’était le candidat préféré des marchés.

L’INSEE vient d’annoncer dans son rapport de juin, qu’elle prévoyait une croissance de 1,6 % pour 2017 en France contre 1,1 % en 2016. Du jamais vu depuis 2011, alors même que la plupart des analystes, ainsi que la Banque de France ne prévoyaient une progression du PIB (produit intérieur brut) que de 1,4 % sur l’année.

L’année 2017 a donc bien commencé. En mars, le CAC 40 dépasse la barre symbolique des 5 000 points. Il reste ensuite assez constant et croit légèrement. Cependant, des échéances importantes restent en embuscade pour les marchés financiers.

Quelles sont les perspectives pour la fin 2017 ?

Bilan mi-2017 marché FrançaisDe nombreux économistes, dont Patrick Artus, dénonce la politique de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui, pour lui, joue les pousses-au-crime. En effet, avec ses taux zéro et son Quantitative Easing, la BCE agit plus sur la quantité de monnaie que sur son prix en injectant des milliards d’euros dans le système financier, ce qui entraine une abondance de liquidités sur les marchés. Les primes de risques ont tendance à s’écraser et cet effet pervers risque fort de nuire aux investisseurs dans le futur.

Or la BCE va bien devoir remonter un jour ses taux, ce qu’a déjà commencé à faire la Réserve Fédérale américaine (FED). Lorsque la BCE arrêtera sa politique monétaire expansionniste, la remontée des taux d’intérêt à long terme et la réouverture des primes de risque, pourraient avoir un impact fortement négatif sur les investisseurs.

Ceci pourrait très bien arriver avec la remontée du prix du pétrole, par exemple, qui entrainera le retour de l’inflation à 2% dans la zone euro. Celle-ci est justement remontée pour la première fois depuis septembre 2013 au-dessus de la barre de 1 % pour atteindre 1,2 % en avril. Cependant, le Président de la BCE, Mario Draghi, a réaffirmé le jeudi 19 janvier sa volonté de continuer sa politique accommodante, et ce, malgré les critiques allemandes. La BCE va donc continuer ses achats de titres, à hauteur de 60 milliards d’euros par mois, jusqu’à au moins la fin de l’année.

Un autre point majeur pour la fin de l’année est de savoir comment va se dérouler le « Brexit ». Theresa May est aujourd’hui en position de faiblesse et ce, avant même de commencer les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Europe.

Theresa May

Enfin, les élections législatives françaises des 10 et 17 juin ont vu la victoire du nouveau parti « La République en marche » qui rafle 361 sièges de député. Le nouveau président Emmanuel Macron dispose donc d’une majorité pour développer sa politique et faire passer ses réformes économiques.

L’année 2016 a réservé des surprises que peu imaginaient. Pour autant les marchés financiers ont finalement bien réagi à ces évènements. Alors que l’année 2017 débutait sur une belle progression pour le CAC 40, des dates importantes restent à venir, comme les élections législatives en Allemagne, ou encore  la mise en place des programmes économiques du nouveau président des Etats-Unis, ainsi que la remontée des taux d’intérêt. Il faut donc rester vigilant sur les prochains mois.

 

Mathieu Stucker, Expert des marchés

Photo Mathias

Mathias François-Dourthe, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Eric Sabrié

Guide pratique - investir prudemment sur les marchés financiers

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