Pourquoi les marchés craignent le Brexit ?

Depuis le début de l’année 2016, la menace d’un Brexit ne fait qu’enflammer les médias et les principaux acteurs de la zone euro. Quand certaines voix s’élèvent pour exclure la Grèce de l’Union Européenne, d’autres en revanche déroulent le tapis rouge pour faire en sorte d’y maintenir le Royaume-Uni.

Le Brexit ou plus simplement « British exit » représente le processus par lequel la Grande Bretagne sortirait de l’Union Européenne.

Ce risque de sortie est envisagé depuis 2011 lorsque David Cameron, actuel Premier ministre du Royaume-Uni, décidait de mettre son véto sur une réforme du traité de Lisbonne pour permettre un meilleur contrôle des budgets nationaux. Il faisait notamment référence à la crise des dettes souveraines de la zone euro, ce qui a d’ailleurs provoqué des tensions entre Londres et ses partenaires européens.

Si un Brexit se profilait, quelles en seraient les répercussions et notamment au niveau des marchés financiers ?

Les principales revendications des pro-brexit

L’idée d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne est le fruit de plusieurs arguments en faveur de cette indépendance souhaitée par certains britanniques. Tout d’abord, sur le plan économique, sortir de l’UE devrait permettre de récupérer la contribution du budget européen à hauteur de 8,5 milliards de livres par an, ce qui aurait à terme une conséquence sur le PIB qui devrait profiter de cette coupe budgétaire. De plus, selon une étude d’Open Europe, le coût des régulations les plus contraignantes de l’UE est évalué à 33,3 milliards de livres par an.

Par ailleurs, l’idée d’un Brexit devrait aboutir à une réduction de l’immigration afin de réserver principalement les emplois aux britanniques et surtout de réduire les aides sociales accordés aux immigrés qui viennent de s’installer sur le territoire britannique.

Enfin, en termes de souveraineté, la Grande Bretagne resterait un membre influent que ce soit en tant que puissance nucléaire ou de membre de l’OTAN et du conseil de sécurité de l’ONU.

Les principales conséquences en cas de Brexit

La conséquence notable en cas de Brexit serait un affaiblissement du rôle du Royaume-Uni sur la scène mondiale, dans la mesure où il représente véritablement un point d’entrée en Europe pour les grandes puissances.

En outre, il y aurait des conséquences vis à vis  des citoyens de l’UE résidant au Royaume-Uni. En effet, ils seraient alors traités comme tous les autres étrangers et auraient donc besoin d’un permis de séjour, ainsi que d’un permis de travail. Les pays de l’UE pourraient également répliquer en appliquant les mêmes règles aux citoyens du Royaume-Uni.

Par ailleurs, le départ du Royaume-Uni affaiblirait le poids économique de l’Union puisque Londres participe actuellement à hauteur de 12% du budget des institutions européennes ce qui représenterait une perte de 14 milliards d’euros chaque année.

Les répercussions sur les marchés

La City représente la plus importante place financière d’Europe. Les banques et les milieux financiers ont déjà prévenu qu’en cas de Brexit, ils déménageraient sans doute à Paris ou Francfort.

Selon une étude menée par Bank of America Merill Lynch, les investisseurs ont ainsi réduit leur exposition aux actions britanniques, désormais à son plus bas niveau depuis novembre 2008. La crainte d’une chute brutale des actions a affecté les porteurs d’actifs britanniques.

Il faut savoir que le monde de la finance a beaucoup à perdre puisque la City reste avant tout le hub financier de l’Europe. Autre point notable à souligner, environ un quart des pertes d’investissement annuelles viendront de l’UE en cas de sortie.

Du côté de la Banque Centrale d’Angleterre (BoE), le cas d’un Brexit pousserait les ménages et les entreprises à réduire leurs dépenses et investissements. En effet, de nombreuses sociétés telles que les banques, les constructeurs automobiles ou encore les groupes agroalimentaires ont exprimé leur crainte de voir le Royaume-Uni sortir de l’Union européenne.

Par exemple, l’agroalimentaire craint la dépréciation de la livre qui pourrait amener le retour des barrières tarifaires à l’entrée du marché unique, ce qui ferait croitre le prix des biens intermédiaires importés, nécessaires à leur activité.

Le secteur de l’automobile également est en panique, dans la mesure où la chaîne d’approvisionnement est dépendante de différents pays européens, tels l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie.

A un peu moins de dix jours du référendum du 23 juin sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, le choc d’un Brexit serait ainsi générateur de grosse incertitude.

Eric Sabrié, Auteur de l’article

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