Après le Brexit, le FMI a baissé ses prévisions de croissance

Le Brexit, sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne décidée par référendum le 23 juin dernier, a bouleversé les marchés en même temps qu’il a jeté un trouble sur le nouvel équilibre économique du Royaume Uni, mais aussi de l’Europe et du monde.

La grande interrogation réside donc dans les conséquences véritables induites par ce changement, sur court, moyen et long terme.

Le Fonds Monétaire International (FMI) a fait part, ce mardi 20 juillet, de ses hypothèses et conclusions.

L’analyse du FMI

Pour l’institution dirigée par Mme Lagarde, le Brexit va avoir un impact baissier sur l’économie mondiale, et pas uniquement nationale ou régionale. En effet, l’incertitude de cette onde de choc « devrait porter atteinte à la confiance et à l’investissement…sur le climat des marchés ».

D’après le FMI, la croissance du Royaume Uni devrait être impactée entre 0,2% et 0,9%.

Concernant l’Union Européenne, son PIB serait amputé de 0,2%. Au sein de la zone euro, l’Allemagne va y être la plus sensible, à hauteur de 0,4% sur son PIB, car elle est le troisième partenaire commercial. La France, quant à elle, ne devrait être touchée que dans une proportion de 0,1%.

Le Brexit ne devrait cependant pas avoir d’impact sur les Etats-Unis, la Chine ou les économies émergentes et en développement.

Ces hypothèses correspondant à un scénario relativement optimiste de la part du FMI. Elles correspondent au cas où les nouveaux accords entre l’Union et le Royaume Uni n’alourdiraient pas les barrières économiques et  les conséquences politiques resteraient limitées.

Si ces dernières sont importantes, l’impact sur les pays émergents se ferait sentir. L’économie mondiale serait alors amputée de 0,2% supplémentaires et l’économie anglaise serait sujette à la récession, provoquant alors encore plus d’incertitudes.

Toutes ces prévisions devraient se concrétiser à l’échéance de 2017.

Les contre-mesures du FMI

Quelques soient les scénarii envisagés, ils ont tous en commun une très grande incertitude quant à l’ampleur de la répercussion. L’exercice de prospective est donc très aléatoire.

Mais le FMI donne aussi des pistes afin de prévenir de telles conséquences.

Il encourage notamment à l’accompagnement de la demande à court terme et à la mise en œuvre de réformes structurelles de moyen et long terme.

Cela passe par l’augmentation de l’investissement et des dépenses publiques, dans la limite des capacités budgétaires des états et de l’Union.

L’enjeu est aussi de renforcer et de stabiliser les secteurs bancaires et financiers fragiles dans la zone euro.

Les banques centrales devraient bénéficier de marges de manœuvre trop limitées pour relancer la machine, car les taux sont déjà très bas et l’usage de la planche à billet est déjà largement exploité.

Le FMI vient de notifier, par son annonce, des conséquences négatives du Brexit sur les économies nationales (britannique, allemande et française), régionale (l’Union Européenne) et mondiale.

Mais ses prévisions montrent surtout la grande incertitude de son impact. L’ampleur dépendra en effet des mesures économiques de soutien que les gouvernements doivent mettre en place.

De plus, la capacité des dirigeants à trouver une issue politique favorable rapide va avoir une importance déterminante dans les mois qui viennent.

Ces mesures doivent être d’autant plus significatives qu’elles font écho à la fois au Brexit et à la sortie de crise, soit un incident structurel et un incident conjoncturel, tous deux étroitement liés.

Olivier Arditti

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