brexit

En pleine campagne électorale en 2015, l’actuel premier ministre David Cameron, avait promis au peuple britannique un référendum. Le sujet de ce référendum ? Souhaitez-vous que la Grande-Bretagne fasse toujours partie de l’Union Européenne ?

Et bien voilà, le 23 juin prochain, un « Oui » ou un « Non » l’emportera, par la même changeant la constitution de l’Union des 28 telle qu’on la connaît … Ou pas !

Plus on se rapproche de l’échéance et plus les spéculations vont bon train, tant sur les modalités de sortie de la Grande-Bretagne si le « Oui » l’emporte, que sur les conséquences économiques et sociales d’un changement de cette ampleur.

Pourquoi un Brexit ?

La question se pose. Le Royaume-Uni a économiquement bénéficié de son appartenance à l’Union Européenne pendant des années, alors pourquoi considérer sortir maintenant ?

Il y a déjà un poids historique. Depuis son entrée dans l’Association Européenne de libre-échange en 1973 (ancêtre de l’Union Européenne), le Royaume-Uni a essuyé plusieurs frictions, économiques et politiques, avec les autres pays-membres. La dernière en date n’est autre que le désaccord sur l’immigration, notamment au sujet des réfugiés syriens.

L’immigration est au centre du débat. Les partisans de la sortie du Royaume-Uni citent ce problème des réfugiés comme étant la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un vase qui était déjà rempli par des années où, selon eux, le Royaume-Uni a surpayé son appartenance à l’Union Européenne en termes de cotisations. Que ces raisons soient justifiées ou non, ce qui est largement discutable, là n’est pas la question.

Aujourd’hui, les derniers sondages nous montrent que 40% des britanniques souhaitent rester … et que 39% veulent quitter l’Union Européenne. Au final, tout se jouera sur la décision des 16% d’indécis, puisque 5% ne voteront pas. C’est ce qui s’appelle en anglais un statement ! Les britanniques nous montrent que le Royaume-Uni pourrait bien quitter l’Union Européenne le 23 juin prochain.

Les conséquences économiques d’un Brexit.

Il y a déjà les conséquences de l’incertitude dans laquelle on vit, le Royaume-Uni va-t-il rester ? Va-t-il partir ? Un vrai casse-tête spéculatif, largement entretenu par les politiques des deux côtés de la Manche, et même par des pays qui ne sont pas directement concernés (confère Donald Trump pour les Etats-Unis, ou Shinzo Abe pour le Japon).

Le fait est que les entreprises britanniques subissent de plein fouet cet avenir incertain. En effet, les consommateurs délayent leurs achats dans l’attente du résultat du vote, ce qui fait chuter la croissance du secteur des services, et par la même diminue la croissance de l’emploi en avril (données Markit). Le problème est que l’incertitude impacte la confiance et les investissements, en tout cas jusqu’au 23 juin.

Et si le Royaume-Uni sort ?

Il est impossible de chiffrer l’impact économique qui en résulterait. La meilleure analyse nous vient de l’équipe économique du site financier Bloomberg. Ils isolent trois chocs. Un choc de confiance qui résulterait d’un prolongement de l’incertitude, cette fois liée à l’absence de visibilité sur les réformes, accords que le gouvernement anglais devrait mettre en place pour rebondir.

Le deuxième choc serait d’ordre bancaire, il s’agirait d’un « choc de crédit ». En effet, les banques situées au Royaume-Uni, et exposées à la solvabilité des emprunteurs britanniques, seraient considérées comme étant plus risquées que les autres. En conséquence, le coût auquel ces banques pourraient elle-même emprunter de l’argent, auprès d’institutions étrangères, serait plus élevé.

Le dernier choc serait monétaire. Une fois le Royaume-Uni dissocié de l’Union Européenne, les analystes de Bloomberg estiment qu’il y aurait une dévaluation de la livre sterling, qui se traduirait par une dépréciation d’environ 10% de sa valeur contre l’euro et le dollar.

Petit bémol néanmoins, ces chocs seraient une réponse à chaud sur la sortie du Royaume-Uni, leurs effets se tempèreraient avec le temps. Mais là-dessus, personne ne peut savoir combien de temps il faudra au gouvernement britannique pour réajuster son économie. Nul doute que cela se ferait à coup d’accords internationaux, et de concessions.

En résumé, il est difficile de mesure aujourd’hui l’impact d’un éventuel Brexit. Il n’en reste pas moins que de hautes institutions économiques, comme le Fonds Monétaire International, ou encore la Banque Centrale d’Angleterre, mettent en garde contre ce fameux Britain-Exit qui serait un bien mauvais choix économique. L’avenir nous le dira …

Eric Sabrié

Eric Sabrié, Auteur de l’article

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