comment cotée obligation

Les entreprises ont à leur disposition plusieurs sources de financement.
En fonction de leurs besoins, elles peuvent s’endetter en contractant un prêt auprès d’une banque, récolter des fonds grâce à du financement participatif (crowfunding).
Elles peuvent également se financer sur le marché des capitaux à travers l’émission d’actions ou d’obligations.

Sur le marché obligataire, la société va émettre de la dette. Notons que l’Etat et les collectivités utilisent également cette forme de financement.

Avant d’investir, il est important de bien comprendre ce qu’est une obligation, comment est fixée sa valeur.

L’obligation en bref

Une obligation est un titre de créance, par lequel son détenteur sera rémunéré par un intérêt fixe (le plus courant) ou variable, le coupon.

L’acquisition d’obligations peut se faire soit au moment de leur émission (marché primaire), soit directement sur le marché secondaire, pour profiter d’une décote à l’achat.

La valeur d’une obligation nouvelle émise s’appelle le nominal. Si on achète une obligation sur le marché primaire, on la paiera souvent 100% du nominal. Une fois l’obligation émise, sa cote va commencer à évoluer, à la hausse ou à la baisse suivant son taux de rendement. Cela peut permettre, à un investisseur, d’acheter l’obligation pour une valeur inférieure au nominal.

Ainsi, le taux de rendement évolue en sens inverse de la valeur de l’obligation.

La durée de vie d’une obligation (maturité) est fixe et connue dès l’émission. A cette échéance, l’obligation est remboursée à hauteur de sa valeur nominale. Elle peut aussi être amortie de façon constante sur cette période. Peut s’ajouter aussi au nominal une prime de remboursement augmentant son rendement final.

Le marché obligataire

Une obligation peut être soit conservée jusqu’à son échéance, auquel cas elle sera remboursée son nominal, soit être vendue avant son échéance, auquel cas sa valeur sera fixée par le marché. Dans ce cas-là, le cours de l’obligation évolue chaque jour en fonction des échanges réalisés.

Mais les obligations varient aussi beaucoup en fonction de leur environnement, et notamment des taux d’intérêts : c’est la sensibilité. Elle mesure la variation de la valeur d’une obligation par rapport à l’évolution de son taux de rendement. Et, comme dit précédemment, la valeur de l’obligation et son taux de rendement évoluent en sens inverse. L’évolution du taux de rendement d’une obligation peut donc présenter un risque de perte en capital, avant l’échéance de cette obligation, on l’appelle le risque de taux.

Cette corrélation n’a jamais été aussi vraie qu’aujourd’hui. La Banque Centrale Européenne, dans le cadre de sa politique monétaire expansive (Quantitative Easing), achète pour plusieurs milliards d’euros d’obligations souveraines par mois. La résultante est que les taux auxquels les états s’endettent sont historiquement bas, voir négatifs. On explique cela simplement : des achats mensuels aussi massifs entraînent une hausse de la valeur des obligations concernées, et par conséquent, leur taux de rendement baisse.

Pour ne pas être soumis à la volatilité de ce marché et ne pas considérer les obligations comme un placement à risque, il suffit de les acquérir lors de l’émission et de les conserver jusqu’à leur terme.

Autres risques obligataires

Le risque majeur pour le créancier qui conserve son obligation jusqu’à l’échéance est la probabilité de défaillance de l’émetteur : celui-ci ne peut plus honorer ses engagements et donc rembourser le nominal. C’est le risque de défaut.

En plus du défaut de paiement, on peut également être exposé au prolongement de la durée de l’obligation (la restructuration de la dette), ou à la renégociation du rendement proposé par l’obligation.

Pour appréhender le risque de défaut, sans avoir à faire son analyse, on peut s’en référer au travail des agences de notations. Ces institutions privées sont là pour évaluer la solidité financière des émetteurs d’obligations. Les agences de notation classent alors ces émetteurs par catégories, du plus au moins fiable.

La note AAA représente la meilleure et donc la probabilité quasi-nulle de faire défaut tandis que des notes comme C ou D, qui font partie de la catégorie dite « spéculative » (ou high yield), proposeront certes un rendement meilleur mais la probabilité de défaut de l’émetteur sera également plus élevée. Logiquement, les émetteurs à santé financière fragile (exemple récent de la Grèce) devront offrir aux investisseurs un rendement supérieur pour rémunérer ce risque.

Dans le cas où la santé financière de l’émetteur d’une obligation se dégraderait,  les détenteurs de ces titres se retrouveraient face à un risque de liquidité. Cela serait dû à une baisse drastique de la demande pour ces obligations.

Ainsi, les obligations constituent bien des investissements relativement stables et peu risqués. On peut cependant aussi délibérément opter pour des obligations risquées mais offrant des perspectives de rendement bien plus intéressantes. En plus des risques de défaut de l’émetteur, le risque de taux peut, lui, éroder le capital.

Le marché obligataire est lui-même devenu plus volatile. Aujourd’hui, les obligations souveraines européennes proposent des rendements historiquement faibles. Le risque inhérent à ce marché serait lié à une remontée des taux rapide, ce qui dévaluerait fortement les portefeuilles obligataires. Il s’agit donc de rester vigilant.

Eric Sabrié

Eric Sabrié, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Eric Sabrié

CTA investir prudemment sur les marchés financiers

Mentions Légales  - ©2018 Création de Markentive

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?