Contrat a terme

Les contrats à terme, dits « futures » en anglais (ou « forwards » pour les contrats non standardisés), sont des produits dérivés permettant de gérer les risques sur des opérations à venir en fixant préalablement les conditions financières de ces opérations. Pour les investisseurs, les futures peuvent être aussi bien un outil de protection que de spéculation.

Les contrats à termes étaient historiquement utilisés sur des produits sous-jacents de type agricole ou matières premières, de sorte à figer des conditions de vente. Les évolutions de ces dernières décennies ont permis la naissance de futures dont les sous-jacents sont des instruments financiers. Ce marché s’est depuis considérablement développé, du fait de la flexibilité procurée par les contrats, dont les conditions sont adaptées en fonction du besoin des parties.

Comment fonctionne un contrat à terme ?

Par définition, un contrat à terme est un engagement entre deux parties qui indique un sous-jacent, un volume, une valeur et une date d’échéance. Arrivé à la date d’échéance, l’acheteur devra acheter l’actif sous-jacent à la valeur déterminé dans le contrat, et le vendeur devra fournir l’actif ou l’équivalent en cash.

Les différents éléments d’un contrat à terme sont les suivants :

  • L’actif sous-jacent, produit physique ou instrument financier : le pétrole, le cacao, le CAC 40, l’Euro Stoxx 50, etc. ;
  • La quantité et le prix, ou la valeur nominale dans le cas d’un instrument financier : dans le cas où le sous-jacent est un indice pas exemple, la valeur nominale est égale au cours de l’indice multiplié par la valeur d’un point d’indice ;
  • La date d’échéance, qui représente la fin du contrat et l’obligation d’acheter ou de vendre aux termes convenus ;
  • Le dépôt de garantie: ce dépôt est une couverture contre une évolution trop défavorable du cours à l’encontre de l’investisseur. Le montant du dépôt est exigé et bloqué sur le compte de l’investisseur en amont de la négociation.

Enfin, le suivi du contrat à terme s’effectue grâce à l’appel de marge, qui représente l’écart entre la valeur nominale du contrat au cours de clôture du jour et la valeur nominale du contrat au cours de clôture de la veille. Le cumul des appels de marge permet à l’investisseur de décider d’attendre ou non l’échéance pour revendre le contrat par exemple.

Exemple de contrat à terme

Le CAC 40 est un sous-jacent classique aux contrats à termes. Prenons l’exemple de l’achat d’un contrat à terme le 1er mars N  d’achat du CAC 40, à 3 600 points et dont l’échéance est en juin N. L’investisseur anticipe une hausse du marché, d’où la position longue (i.e. acheteuse). Le 1er mars, le CAC 40 est à un cours de 3 620 points. La valeur du point d’indice CAC 40 est de 10€, ce qui signifie que la valeur nominale du contrat est de 36 000€. Un dépôt de garantie de 2 500€ (standardisé) doit être remis à l’intermédiaire.

Le CAC 40 progresse subitement de 6% entre le 1er mars et le 4 mars N. L’investisseur choisit donc de revendre son contrat au 15 mai N. Le tableau suivant reprend le suivi de l’opération :

exemple contrat a terme

Le gain, bruts de frais, est de 2 160€ pour l’investisseur. Or ce dernier n’a mobilisé que 2 500€. Le rendement de l’opération est donc de 2 160 / 2 500 = 86,4%. Le marché n’a lui gagné “que” 6% entre temps. L’investisseur a donc bénéficié d’un effet de levier considérable.

Quels objectifs pour le vendeur / l’acheteur ?

Dans l’exemple ci-dessus, l’idée pour l’acheteur était d’obtenir un effet de levier pour booster sa performance après avoir anticipé une hausse de l’indice.

A l’inverse, si l’investisseur avait anticipé une baisse du marché, il aurait souhaité vendre. Reprenons d’abord l’exemple ci-dessus, avec le même calendrier, le même dépôt de garantie et cette fois-ci la vente du CAC 40 à 3 600 points. Si le CAC 40, au lieu de gagner 6%, perd 4%, comme prévu par l’investisseur, pour tomber à 3 384 points au 4 mars N. Le 4 mars N, l’investisseur décide de vendre et obtient donc un gain de (3 600 – 3 456) x 10€ = 1 440€, soit un rendement de 1 440 / 2 500 = 57,6%. Il bénéficie là aussi d’un effet de levier.

En revanche, imaginons un investisseur qui souhaite se protéger. Il a un portefeuille d’actions du CAC 40 pour un montant de 100 000€.

Premier scénario : il prévoit une baisse du CAC 40 et achète un contrat à terme de vente  sur l’indice à 3 600 points. Ses prévisions se réalisent et le CAC 40 perd 4%, il décide de vendre. La valeur de son portefeuille d’actions diminue à 96 000€, mais la vente du contrat à terme lui permet d’obtenir un gain de 1 440€ (cf. exemple précédent). Son portefeuille global vaut donc 97 440€ et n’aura donc subit une perte moins importante que le CAC 40 à 2,56%.

Second scénario : imaginons que les prévisions de l’investisseur sont mauvaises et que le CAC 40 part à la hausse. Arrivé à échéance, le CAC 40 est à 3 816 points, soit une hausse de 6%. La perte sur le contrat à terme est de : (3 816 – 3 600) x 10€ = 2 160€. Néanmoins, son portefeuille d’actions aura pris de la valeur à 106 000€. Le portefeuille global aura une valeur de 103 840€, soit un gain de 3,84%.

Le contrat à terme aura réduit la performance du portefeuille de l’investisseur dans le second cas, mais l’aura protégé dans le premier scénario. En définitive, il aura limité la volatilité sur le portefeuille. A noter que si le marché continue de progresser à l’encontre des prévisions de l’investisseur, le contrat à terme représenterait à ce moment-là un réel coût d’opportunité.

Grégoire Charveriat

Grégoire Charvériat, Auteur de l’article

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