Dans quoi investir en début de carrière professionnelle ?

A 25, 30 ou 40 ans, les problématiques de placement ne sont pas les mêmes. D’abord parce que la notion de « court, « moyen », « long » terme n’est pas la même ; on a généralement une structure familiale qui change et des ressources financières qui évoluent. Quels sont les premiers gestes à adopter ? Dans quoi investir ? Quelle est l’organisation patrimoniale la plus adaptée lors de ses premières années dans la vie active ?

1) Investir dans la constitution d’un matelas de sécurité : la trésorerie

Avant de se poser la question « dans quoi investir », il est indispensable de faire face à toutes ses dépenses prévues ou exceptionnelles à court terme. Nous recommandons en tout premier lieu de débuter par la construction d’une épargne « sûre ». Elle doit répondre à deux critères : disponible et sans risque.
Dans le contexte actuel, le choix est limité quant à la sélection de ce type de placement puisque ceux qui répondent au mieux à ces deux caractéristiques sont : le Livret A et la Livret Développement Durable (LDD). Ajout
Combien dois-je posséder dans ma « trésorerie » ?
Il est préconisé une somme correspondant à deux années d’impôt sur les revenus avec un minimum de 10 K€, et 5 K€ par enfant à charge (soit pour un couple avec deux enfants : 20 K€ minimum). Vient ensuite une approche psychologique de l’épargne, propre à chacun, qui peut demander un montant supérieur voire inférieur.

2) Investir dans un projet à financer = 1 placement

Une fois la trésorerie constituée arrive le « timing » pour organiser son patrimoine. Il est important de lister ses différents projets et de les trier chronologiquement. Trois périodes doivent voir le jour : court terme (< 3 ans), moyen terme (3 – 8 ans) et long terme (+ 8 ans).
Ce travail exécuté, vous devrez organiser votre patrimoine avec cette ligne de conduite : 1 projet à financer = 1 placement
Regrouper plusieurs projets dans une seule et même enveloppe est la garantie de n’en financer que la moitié.
Par la suite, il s’agit de sélectionner ses différents placements en tenant compte de ces horizons de placement (i.e plus on a du temps devant soi et plus on pourra augmenter le potentiel de gain et de risque).
Le court terme exige un support financier « sécurisé » et « disponible » (Livret) ; le moyen terme un support financier plus diversifié et un potentiel plus élevé (Fonds euro & supports immobiliers en assurance-vie par exemple) et le long terme un éventuel gain encore plus élevé avec une prise de risque correspondante (actions, immobilier direct ou via des SCPI, obligations d’entreprise, hôtels, …).

La répartition entre ces différentes enveloppes de placement va dépendre de vos futurs projets à financer. Si vous n’en avez guère pour le moment, la répartition (à condition d’avoir constitué son matelas de sécurité) est la suivante : 40% Moyen terme et 60% Long terme nous parait pertinente si vous avez moins de 30 ans.

3) Investir pour bien gérer ses flux : l’importance de la gestion de sa capacité d’épargne

Un développement patrimonial réussi passe par une gestion efficiente de votre épargne mensuelle. Chaque début d’année est le moment pour organiser sa capacité mensuelle à épargner.
Ventilez votre épargne régulière entre vos différents placements de la manière suivante : un % sur les placements courts termes / % sur le moyen terme / % sur le long terme.
La force d’une épargne régulière réside dans l’utilisation de l’effet de levier du crédit. La partie de l’épargne qui sera dirigée sur le long terme pourra être en partie destinée à l’acquisition d’un bien immobilier ou de parts de SCPI (les banques prêtent à partir de 30 K€ pour les SCPI soit un effort d’épargne inférieur à 100 € / mois).

La pertinence de ce levier du crédit est encore plus évidente aujourd’hui après avoir vécu une période de taux exceptionnellement bas. Le taux d’emprunt immobilier à 20 ans est passé de plus de 5 % fin 2008 à 1.6 % fin 2016, soit une baisse de 68 % en à peine 8 ans !

A titre d’exemple, acheter 100 000 euros de parts de SCPI par emprunt imposait un effort d’épargne mensuel d’environ 350€ en 2008, il est passé à 250€ en 2016.

Aujourd’hui on peut donc imaginer qu’il soit plus intéressant d’allouer judicieusement son épargne sur des placements long terme de type immobilier, que sur son Plan d’épargne actions ou son assurance-vie.

Néanmoins, les taux ne sont pas amenés à rester aussi bas éternellement. Avec une inflation à 1.8% pour la zone Euro en janvier 2017, la BCE se rapproche de son objectif ferme de 2%. Une fois celui-ci atteint, l’institution de Francfort normalisera sa politique monétaire ce qui entraînera normalement une remontée des taux. Il faut donc profiter de cette fenêtre de tir pour modifier l’allocation de son épargne avant de revenir au modèle plus conventionnel cité plus haut.

La gestion de son patrimoine ne commence pas une fois qu’eût été accumulé plusieurs dizaines de milliers d’euros. Dès le début de votre carrière professionnelle, passez par la réflexion et sans délai à l’action. Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour vous demander dans quoi investir! C’est avec des petits ruisseaux que l’on fait des grandes rivières… et cela prend du temps…autant commencer tôt ! Besoin d’aide ? A bon entendeur…

Eric Sabrié, Auteur de l’article

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