Le titre Deutsche Bank à son plus bas niveau historique

Suite à un mouvement de panique des marchés, le titre de la Deutsche banque vient de chuter à son plus bas niveau historique depuis 1992, ce lundi 26 septembre 2016. Il a, en effet, atteint 10,55€, soit une baisse de 7,5%. Depuis le début de l’année, « la Deutsche » a perdu 52% de sa valeur.

Cet événement est encore la conséquence de la crise des subprimes apparue en 2007.

Intéressons-nous aux causes et aux conséquences de ce choc.

Les causes :

Cette chute du titre de la Deutsche Bank est la répercussion en cascade de la recherche des responsabilités des acteurs liés à la crise des subprimes. Le sujet est ici la vente de titres adossés aux prêts immobiliers (MBS).

En effet, la justice américaine a condamné « la Deutsche » à une amende record de 14 milliards de dollars, alors que la Banque l’avait estimé à 2 ou 3 milliards de dollars.

La chancelière allemande, par le biais de Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement, a réagi immédiatement en affirmant qu’elle n’interviendrait pas entre la Banque et la justice américaine, ni même qu’elle l’aiderait financièrement, restant ainsi fidèle au principe fondamental allemand d’indépendance. John Cryan, le président du directoire de la banque, a aussi confirmé qu’il n’avait pas demandé d’aide de l’Etat.

Il n’en a pas fallu plus pour déstabiliser les marchés plongés dans l’inquiétude, malgré la tentative de John Cryan, président du Directoire de la Banque, de rassurer sur sa capacité à faire face de façon autonome.

Les conséquences

Il n’est pas évident d’estimer les conséquences de cette amende.

L’enjeu majeur est évidemment d’appréhender la solidité de la banque dans ces conditions, son risque de défaillance, voire de faillite. Le Credit Defautl Swap (ou CDS), qui représente en quelque sorte la prime d’assurance contre le risque de défaillance, est, à ce titre, reparti à la hausse.

Le secteur bancaire européen, dans son ensemble, a perdu 2% ce lundi.

En premier lieu, cette pénalité ne sera pas acquittée en l’état. La Banque allemande va bien sûr négocier cette condamnation avec la justice américaine. Plus que le montant, il est en effet question ici de pointer la responsabilité de l’établissement.

Mais, même si on anticipe une facture moins importante in fine, la somme restera significative.

Or, ce sont 8000 litiges en cours qu’il va falloir gérer, avec seulement 5,5 milliards d’euros provisionnés à ce titre. Elle a déjà subi 2,5 milliards d’euros d’amende en 2015 pour une manipulation du taux interbancaire du Libor. Il semble que les fonds propres ne suffiront pas. Outre la mise en place d’un échéancier, nombre d’observateurs misent sur une ouverture du capital de la banque.  La Deutsche Bank martèle qu’elle n’en aura pas besoin, comme pour rassurer les marchés, peu convaincus par cette annonce.

Pour rappel, le groupe avait déjà perdu, en 2015, 7 milliards d’euros, et prévu une large restructuration (suppression de 9000 postes dans le monde et fermeture de 200 filiales en Allemagne d’ici 2020).

Mais, ouvrir son capital à de nouveaux investisseurs dans le but de payer une amende issue de la responsabilité d’une des plus grandes crises financières de l’histoire, n’est pas des plus stimulants pour de futurs actionnaires. Les détenteurs de parts actuels verraient, quant à eux, diluer la valeur de leur part.

L’autre solution évoquée serait une fusion entre la Deutsche Bank et la CommerzBank, son grand concurrent.

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