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Les médias français sont aujourd’hui focalisés sur la primaire de la Droite et du Centre. Qui de Alain Juppé ou de François Fillon sera consacré par les électeurs ?

En novembre dernier, un tout autre évènement politique monopolisait l’attention du monde entier : l’élection présidentielle américaine. Le résultat de cette élection tenait d’ailleurs du coup de théâtre hollywoodien puisque, en dépit de tous les sondages, Donald Trump allait être élu.

Depuis, la tempête médiatique est retombée mais l’impact de l’élection de Trump sur l’économie américaine, et sur les marchés européens ne fait sans doute que commencer. Rajoutons à cela une des réunions les plus attendues de la Réserve Fédérale pour le 13 décembre prochain, et on constate l’importance d’avoir les idées bien claires sur ce qu’il se passe outre-Atlantique.

L’élection de Trump chamboule les marchés obligataires

Donald Trump a été élu dans la nuit du 9 novembre 2016. Le 8 novembre, le rendement des obligations du Trésor américain était de 1.86%. Moins d’une semaine plus tard, il était monté à 2.27%, une hausse de 24% ! Suivant exactement la même courbe, l’obligation à dix ans française (la fameuse OAT) passait d’un rendement de 0.49% le 8 novembre, à 0.82% le 14, soit une hausse encore plus étonnante de 47% !

Nul ne peut négliger une modification aussi drastique du rendement de l’OAT, pas quand les épargnants français se sont habitués à avoir des taux d’emprunt aussi bas. Rappelons qu’une hausse continue du taux de rendement de l’OAT entraînera mécaniquement une hausse du taux auquel nous empruntons pour acheter notre appartement.

Cet impact de l’élection de Donald Trump a mis en évidence un constat simple : La période faste de taux bas et de politiques monétaires déraisonnables et agressives, pourrait bien s’essouffler …  en tout cas, la situation sera nécessairement différente en 2017 !

Trump : l’ami des marchés financiers

Le 22 novembre, les quatre indices boursiers américains majeurs ont tous atteint un plus haut historique, le Dow Jones a dépassé le barre plus que symbolique des 19 000 points. En règle générale, l’indice S&P 500 a bondi de plus de 3% depuis l’élection du Républicain à la présidence des Etats-Unis. Et pour cause, il a confirmé immédiatement les grandes lignes de sa politique économique inflationniste et pro-croissance.

Réduire la fiscalité des ménages, financer des investissements massifs dans les infrastructures et déréguler le système financier (notamment en révoquant le Dodd-Franck Act de 2010, qui avait instauré un contrôle du système bancaire américain, suite à la débâcle de 2008), tout cela sonne particulièrement bien pour les marchés actions américains qui ont de bonnes raisons d’entrevoir un futur radieux.

Le dollar s’emballe

Comme cité précédemment, la politique économique annoncée de Donald Trump devrait être tournée vers une hausse de l’inflation aux Etats-Unis et favorisera l’économie interne du pays, peut-être au détriment de son commerce extérieur. Dans tous les cas, ce genre d’annonce favorise une monnaie forte, et le dollar a gagné près de 5% par rapport à l’euro depuis début septembre. Comme d’habitude, un billet vert trop fort ne favorisera pas les pays émergents, dont la dette est majoritairement cotée en dollars, cependant il est encore tôt pour y voir une tendance quelconque.

Et la Réserve Fédérale dans tout ça ?

Ne l’oublions pas, si en zone Euro la Banque Centrale Européenne pourrait encore intensifier son programme monétaire expansionniste, la Réserve Fédérale devrait remonter ses taux en décembre. La probabilité est plus que forte puisque les opérateurs de marché l’anticipent à 100%, ce qui veut dire que les indices boursiers l’ont déjà intégré dans leur niveau actuel.

La question ne se pose donc déjà plus pour la fin 2016. Pour 2017 en revanche, avec un Président pro-inflation, bon nombre d’opérateurs de marché se demandent si la FED ne sera pas forcée de revoir son plan de hausse des taux. Il se pourrait fort que l’institution doive agir plus rapidement que prévu pour contrer une inflation galopante, mais l’avenir nous le dira.

En résumé, un vent de renouveau souffle fort depuis les Etats-Unis. On en craint les retombées politiques en France et en Allemagne, mais l’impact économique ne doit pas tomber au second plan pour autant. Gardons en tête qu’une hausse des taux outre-Atlantique entraînera la même chose chez nous, et que l’euphorie que provoquerait une politique de dérégulation financière aux Etats-Unis, ne laisserait rien présager de bon quand à une bulle financière future …

Mathias François-Dourthe

Mathias François-Dourthe, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Eric Sabrié

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