Profiter des marchés via une gestion sous mandat : rentable ou non ?

Les épargnants français désirent avant tout des placements sûrs, en témoignent leur appétence pour le livret A ou encore l’assurance-vie. Seulement un français sur 10 possède une assurance-vie investi en actions. Et ce nombre tombe à un français sur 13 lorsqu’il s’agit du PEA. Une hécatombe comparée à 2008 où un français sur 7 détenait des actions selon l’enquête de Kantar TNS pour l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Un traumatisme qui est la conséquence des crises financières successives. Toutefois, la difficulté d’obtenir de bons rendements en dehors des marchés financiers permet une prospérité nouvelle aux gérants de portefeuille, mais cela profite-t-il vraiment aux investisseurs ?

Gérer librement ses avoirs…

Tous les épargnants français sont libres d’acquérir et de gérer librement actions ou OPCVM sur un PEA, sur un compte-titres ou encore une assurance-vie. Cependant, l’exposition n’a rien d’anodine, puisqu’en l’absence de garantie du capital le risque reste à la charge du porteur de parts.

Bien que le PEA limite l’investissement aux marchés européens, cela n’enraye pas le risque pris. Pas moins de 1 200 fonds peuvent être investis rien qu’en Europe, plus de 11 000 en comptant l’international. Cela exige de bonnes connaissances en la matière pour pouvoir investir sur les marchés financiers en tout état de cause.

Quant aux actifs proposés sur ces fonds, il faille encore avoir le temps de pouvoir les étudier. En ce sens, la réglementation européenne a évolué avec le règlement « Packaged Retail and Insurance-Based Investment Products (PRIIPs) ». A compter du 1er janvier 2018, les initiateurs de produits d’investissement packagé et fondé sur l’assurance devront obligatoirement communiquer un document réglementaire d’informations clés. L’initiative a pour but de démystifier les produits d’investissements proposés aux investisseurs non-professionnels.

Si le temps vient à manquer ou que les sommes engagées deviennent importantes, au moins 100 000€ pour un PEA, il est alors possible de mandater un gestionnaire de portefeuille pour en limiter le risque ou en accroitre le rendement.

…Ou mandater un professionnel

L’Association Française de la Gestion Financière (AFG) recense plus de 600 sociétés de gestion, dont 200 ont moins de cinq ans. Preuve de la dynamique du secteur, dans lequel l’on peut compter les gestionnaires indépendants de portefeuille, et ceux de patrimoine, les banques privées ou encore les compagnies d’assurances.

La stratégie du mandataire dépendra directement du profil du mandant, de son objectif et de son horizon de placement. Bien que l’Autorité des Marchés Financiers encadre les sociétés de gestion, elle n’impose pas une réglementation pour la dénomination des différentes offres de gestion. Une gestion pour un type de profil prudent n’est pas nécessairement le même profil chez toutes les sociétés de gestion.

Comment choisir au beau milieu de cette offre pléthorique ? Pour cela, un épargnant pourra se référer au rapport de performances des années antérieures. Attention toutefois, les chiffres annoncés sont bien souvent brut de frais. En prenant en compte les frais de gestion, les frais de tenue de compte, les frais d’arbitrage et, si telle est le cas, les droits d’entrée du contrat d’assurance-vie ou du PEA ; l’attractivité des taux affichés est bien moindre, pour ne pas dire nul dans certains cas. Ce qui ne veut pas nécessairement dire que la gestion de portefeuille fut désastreuse, mais que le marché connait une année difficile. Il n’en reste pas moins qu’il vaille mieux une gestion active de son portefeuille qu’une gestion libre et passive. Si l’on observe l’indice du CAC 40 sur une décennie, un actionnaire resté investit passivement aurait connu une moins-value de ses actifs.

Conclusion

Suite à la crise des subprimes, près de la moitié des actionnaires français ont décidés de liquider leurs avoirs. En guise de réponse, les sociétés de gestion ont mis en avant leur expertise des marchés financiers et ont profité de la fébrilité des actionnaires pour se développer. Bien que la réglementation évolue dans le sens d’une limitation de la prise de risque pour les investisseurs via une nomenclature simplifiée, clarifiée et standardisée, la gestion mandatée reste une option pertinente, tant les coûts d’information et de temps restent importants. Cependant, il faut garder à l’esprit que malgré un objectif de gestion prédéfini par l’investisseur, le mandataire n’a pas d’obligation de résultat, mais une obligation de moyen. C’est-à-dire, que si les marchés s’effondrent, le mandataire ne pourra pas faire de miracles pour atteindre l’objectif fixé. Quoiqu’il en soit, le mandant continuera à supporter le risque, jusqu’à la fin du mandat ou de sa résiliation par lettre recommandée. Aujourd’hui, sous couvert de gestion sous mandat, les institutionnels vendent de la gestion trop souvent passive. Etant donné la volatilité que l’on observe les marchés financiers depuis près de 20 ans, et dans un climat politique et économique incertain, les investisseurs ne doivent pas hésiter à consulter des professionnels indépendants pour trouver une gestion réactive qui convienne à leur profil.

Eric Sabrié, Expert en investissement

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