Grèce : Zone euro et FMI prévoient un « accord global »

Un nouvel accord sur l’allégement de la dette grecque est finalement obtenu le 25 mai 2016 entre le FMI et l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des états membres de la zone euro, pour pouvoir rembourser et surtout rassurer les banques mais également les marchés financiers. Il faut souligner que cette avancée pour la Grèce ne change rien au fait qu’elle reste fermement maintenue dans l’austérité.

Cet accord a pu être conclu après qu’Athènes a dû de nouveau adopter des réformes qui visent à accélérer les privatisations mais surtout à augmenter les taxes indirectes.

Cet accord a donc permis au gouvernement d’Alexis Tsipras, qui a été élu pour leur programme anti-austérité, de bénéficier d’un peu plus de marge même si, cet allégement s’est concrétisé au détriment des contribuables grecs.

Avant d’évoquer sur quoi repose l’accord, il est nécessaire de comprendre l’origine de la fameuse « dette grecque ».

Origine de la dette

Plusieurs facteurs ont mené la Grèce vers une crise souveraine. Tout d’abord, l’importance des dépenses militaires évaluées à 4% du PIB (contre 2,4% en France).

De plus, la faiblesse des salaires ont poussé certains ménages à cumuler des emplois dans le secteur informel qui équivaut à lui seul à 35% du PIB grec ce qui signifie qu’un montant non négligeable d’impôt sur les sociétés ou des professions libérales échappe aux caisses de l’Etat grec.

On peut également citer les jeux Olympiques en 2004 à Athènes qui ont représenté un poids important en termes de dépenses et ont d’avantage creusé le déficit public. Il est bon de rappeler aussi les privilèges fiscaux accordés à l’Eglise orthodoxe.

Les problèmes de l’économie grecque restent avant tout structurels dans le sens où le modèle social de la Grèce a toujours été fondé sur des dépenses publiques généreuses et surtout, quand on compte près de 800 000 fonctionnaires, on comprend mieux pourquoi le secteur public et par conséquent les charges publiques qui en résultent sont présentés comme le cœur du problème.

La spéculation sur les marchés financiers a eu son rôle dans la crise grecque puisque le taux des obligations émises par le pays a décuplé. De même que les agences de notation, notamment Standard & Poor’s et Fitch, ont leur part de responsabilité puisqu’elles ont mal évalué le cas grec.

Tous ces éléments ont fait que le gouvernement a du s’endetter d’avantage auprès de créanciers étrangers (qui assument 70% de la dette). La dette représente environ 175% du PIB en 2015.

Mesures inefficaces

Plusieurs mesures ont été menées pour faire face à la crise souveraine de la Grèce et donc réduire le poids de la dette.

Une restructuration de la dette a eu lieu pour pouvoir rembourser en priorité les créanciers privés et ceux du secteur public international (Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International et Fonds Européen de Stabilité Financière). L’idée était donc d’emprunter de nouveau pour rembourser les emprunts qui arrivaient à échéance.

De plus, les créanciers privés ont accepté en 2012 de réduire d’environ 100 milliards d’euros une partie de la dette qu’ils détenaient. Concrètement, ils ont remplacé leurs titres par d’autres moins rentables.

Quant aux créanciers publics, notamment le FESF, ils ont également consenti à quelques efforts comme l’allongement de la date de maturité du remboursement des intérêts ainsi que la diminution des taux accordés.

Toutes ces solutions mises en place n’ont pas résolu le problème de la Grèce puisque les mouvements spéculatifs cumulés aux notations en « catégorie spéculative » des dettes souveraines ont fait de la Grèce le pays ayant la note la plus faible au monde.

La Grèce était donc rentrée dans le cercle vicieux où « la dette nourrit donc la dette » ce qui a amené, après de longues semaines de négociation, à un accord global sur cette dette grecque.

Ce que prévoit l’accord

Cet accord prévoit l’octroi d’un nouveau prêt de 10,3 milliards d’euros, avec une première tranche de 7,5 milliards d’euros qui sera versée au mois de juin.

Cet argent frais permettra à l’Etat grec de rembourser en priorité la Banque centrale européenne (BCE) pour faire face à une échéance de remboursement le 20 juillet de 2,2 milliards.

Plutôt que de l’annuler ou de l’alléger comme les fois précédentes, l’endettement avec des conditions stricts incluses dans l’accord représentait la meilleure solution. La remise de la dette n’interviendra qu’à partir de 2018.

La situation d’endettement reste la même et cela permet à la Grèce de rester à la limite du solvable et de rassurer les différents acteurs financiers, en particulier les banques. Ce qui certain, c’est le que le problème est loin d’être résolu.

Auteur : Mejd GAIDA

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