Investir dans le vin, un placement juteux ?

Le vin est ancré dans la culture française plus que nulle part ailleurs sur la planète. La plupart du temps considéré comme un simple plaisir à partager, il n’en reste pas moins un actif dont la valeur évolue au fil du temps. A l’échelle patrimoniale, le vin peut représenter un placement de niche pour se diversifier. Y a-t-il pour autant un réel intérêt financier à investir dans le vin ?

Comment investir dans le vin ?

Les échanges sur le marché du vin se font principalement par le biais de ventes aux enchères. Le marché s’organise autour des Grands Crus, plus facilement valorisés du fait de la demande qu’ils attirent. Il est donc possible d’acquérir des bouteilles et caisses de vin en direct lors de ventes. Dans ce cas, mieux vaut s’assurer d’avoir les conditions de conservation nécessaires au bon vieillissement du vin, c’est-à-dire une cave ayant une température et un taux d’humidité adéquats. Il faut ensuite -se tenir informé des enchères pour suivre l’évolution du prix des bouteilles acquises et ainsi estimer l’horizon de revente adaptée. L’inconvénient de ce marché en direct reste l’incertitude autour du prix de sortie et la nécessité d’une attention régulière, aussi bien autour de la conservation des bouteilles que du niveau des enchères.

Il est depuis quelques années possibles d’investir dans le vin via des intermédiaires en ligne, ce qui permet de dématérialiser le placement tout en restant sur un actif tangible. Patriwine.fr est un exemple de plateforme sur laquelle les investisseurs peuvent constituer leur cave. L’intermédiaire s’occupe ensuite de conserver les bouteilles dans des conditions adaptées et de les revendre le cas échéant, ce qui permet de gommer les inconvénients du marché en direct.

Investir dans le vin : Quelles performances passées ?

iDealwine est le leader français de ventes aux enchères sur le marché du vin. L’entreprise répertorie chaque mois la valeur d’un panel représentatif de différents vignobles. Le graphique ci-dessous compare la performance des trois indices régionaux WineDex (iDeal Bordeaux, iDeal Bourgogne et iDeal Rhône) du site de ventes aux enchères iDealwine.com et du CAC 40 entre 1992 et 2015 :

Sur cette période, les indices iDeal surperforment clairement les actions, à l’exception de la période 1997-2000. Annualisée, la performance de l’indice régional bordelais est de 11,67%, contre 7,2% pour le CAC 40.

Cette progression est tout de même marquée par de larges variations. Il faut s’attendre de manière générale à une grande volatilité, comme le montre le graphique ci-dessous, reprenant l’indice Live-ex (London International Vintners Exchange) Fine Wine 100 entre 2007 et 2012 :

Sur une année le marché peut prendre 40% (juillet 2009 – juillet 2010) comme il peut s’effondrer de 19% (juillet 2008 – juillet 2009 et avril 2011 – avril 2012). Ces fluctuations rappellent la volatilité des actions, au moins dans les ordres de grandeur. On ne peut lier le marché boursier avec celui du vin, même si, étant donné la mondialisation de ce dernier, les données macro-économiques jouent un rôle dans la valorisation des Grands Crus (coût de l’importation, affluence touristique, etc.) dans un marché de plus en plus concurrentiel à l’international.

A savoir qu’il est aussi possible de passer par des Fonds Commun de Placement, investis à 70% – 80% dans le vin, dont certains sont visés par l’AMF. Le fonds a dans ce cas-là une valeur liquidative liée à l’évolution des prix des bouteilles selon le London International Vintners Exchange (Liv-ex). Ce type de structure est très dépendant de la compétence du gérant et peut être plus risqué.

Investir dans le vin : Quelle fiscalité ?

En matière de fiscalité, investir dans le vin fait partie de la catégorie des biens meubles. La plus-value de cession (i.e. la valeur d’acquisition moins la valeur vénale à la cession) est donc imposée à un taux forfaitaire 19% et aux prélèvements sociaux de 15,5%. Au-delà de la deuxième année de détention, l’investisseur bénéficie d’un abattement de 5% par année supplémentaire de détention. Il y a donc exonération d’impôt au bout de 22 ans. A noter que les frais d’acquisition peuvent être ajoutés à la valeur d’acquisition pour leur montant réel.

Au niveau de l’ISF, et ce depuis la Loi de Finances pour 2014, la valeur à prendre en compte est bien la valeur vénale des bouteilles, c’est-à-dire la valeur de revente sur le marché, et non la valeur comptable qui elle permettait de prendre en compte un amortissement.

Comment intégrer le vin dans le patrimoine ?

Le vin rentre dans la catégorie des « placements-passions », à côté des œuvres d’art par exemple. En ce sens le vin doit rester une poche marginale de votre patrimoine, dont elle ne doit pas représenter plus de quelques pourcents. A l’intérieur de cette poche, mieux vaut miser sur la diversification que sur un Grand Cru. Les évolutions sont contrastées dans une même région, que ce soit d’une bouteille à l’autre ou d’un millésime à l’autre.

Enfin, ce type de placement est à intégrer à un patrimoine qui dispose déjà d’un socle solide (immobilier, patrimoine financier sans risque), de sorte à ne pas être exposé à une perte en capital trop importante sur une année.

Grégoire Charvériat, Auteur de l’article

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