Investissements étrangers : La France de moins en moins attractive

Les investissements directs de l’étranger constituent l’un des principaux indicateurs  de l’attractivité économique d’un pays. La France, malheureusement, ne peut pas se targuer d’être parmi les premiers élèves de la classe en termes d’attractivité.

Une réalité qui fait mal

La France souffre de plusieurs maux dont certains persistent depuis de longues années. On entend par là son instabilité sociale mais surtout, le niveau des charges sociales à assumer pour les entrepreneurs. En effet, d’après l’enquête menée en février 2016 par le cabinet EY, anciennement Ernest & Young, environ 3/4 des réponses collectées  sont négatives sur le fait que la fiscalité française est « peu voire pas du tout attractive ».

Il n’y qu’à visualiser de plus près les chiffres pour comprendre que la France est assez distancée. Le fait le plus marquant reste tout d’abord le nombre de sièges sociaux implantés dans l’hexagone. Entre 2014 et 2015, le nombre est resté le même, à savoir 11 entreprises qui ont décidés de déplacer leur siège en France tandis que de l’autre côté de la Manche, le Royaume-Uni a vu débarquer 150 centres de décisions en 2015, contre 57 l’année précédente. De même que pour le voisin allemand qui a connu une augmentation en passant de 23 en 2014 à 48 projets en 2015. Au total, sur les 294 centres de décisions attirés en Europe, les Britanniques s’en sont vu attribués la moitié.

Ces éléments mettent en avant un défaut de compétitivité qui pénalise la France au profit de ses voisins.  En effet, quand on scrute les mesures concrètes adoptées par Londres telles que la mise en place d’un cout fiscal avantageux pour les impatriés ou encore un taux d’impôt sur les sociétés qui reste sous la barre des 20%, on peut difficilement contester les chiffres. Même la menace d’un Brexit ne semble pas décourager les porteurs de projets.

La perception des investisseurs étrangers semble être bloquée sur le fait que le coût du travail en France reste un peu trop élevé malgré des mesures de soutien comme le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et le Pacte de compétitivité. Néanmoins, la France possède tout de même des éléments favorables à souligner.

Une note d’optimisme à souligner

La France a certes attiré moins de projets l’an dernier que ses principaux voisins britanniques et allemands. Le point important à mettre tout de même en avant reste le fait que ceux-ci ont été plus créateurs d’emplois avec 13 639 nouveaux postes en 2015 contre 12 579 en 2014, comme l’a révélé Marc Lhermitte associés chez EY, ce qui représente une hausse de 8%.

En termes de nombres de projets d’usines, la France reste par ailleurs leader en Europe pour l’année 2015 avec 212 usines attirées (contre 183 pour le Royaume-Uni et 142 pour l’Allemagne).

Par ailleurs, il faut noter le poids des implantations étrangères en France dans le domaine du numérique. On peut citer entre autres le « e-commerce », la conception de logiciels et les projets informatiques. Le service aux entreprises est également très bien représenté en France.

Il s’agit par conséquent de deux secteurs à haute valeur ajoutée qui viennent ajouter quelques points d’optimisme. Tout comme le nombre de centres de recherche et développement, qui a doublé en 2015.

Les réformes engagées, qui ont été citées précédemment, ne changent pas du fait que la France doit renforcer son attractivité à l’égard des investisseurs. Comme l’a très bien explicité Monsieur Lhermitte, « il ne suffit pas de communiquer pour améliorer le marketing de la France, il faut améliorer le produit ».

Auteur : Mejd GAIDA



CTA investir prudemment sur les marchés financiers

Partager ce contenu

FacebookTwitterLinkedIn

Mentions Légales  - ©2018 Création de Markentive

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?