La BCE : Un allié de poids pour les marchés européens

L’objectif est gravé dans la roche de l’institution de Francfort : l’inflation doit graviter autour des 2%, pas autour de 0. Pour atteindre son but, la Banque Centrale Européenne est prête à y mettre les moyens.

Cela a commencé le 22 janvier 2015 où le président de l’institution, Mario Draghi, a annoncé la mise en place d’un plan d’assouplissement monétaire, ou « Quantitative Easing », propre à la zone euro. La BCE a donc succédé à la Réserve Fédérale américaine et à la banque centrale japonaise dans une politique d’injection massive de liquidités. Pour se faire, la banque centrale doit chaque mois acheter pour 60 milliards d’euros d’obligations publiques et privées, en plus d’avoir un taux directeur presque nul (0.05%) et un taux de dépôt lui négatif (-0.02%, ce qui veut dire que les banques déposant des fonds auprès de la BCE doivent payer un intérêt).

Toutes ses mesures ont pour objectif de relancer l’inflation dans la zone euro, tout en donnant du mou aux différents états pour qu’ils puissent mettre en place de vraies réformes.

A trois mois de la date anniversaire de la mise en place de ce programme, il est encore trop tôt pour visualiser concrètement son impact sur l’économie réelle de la zone. Certes, la consommation des ménages et donc la croissance redémarrent lentement ; néanmoins avec une inflation qui repasse en territoire négatif en septembre 2015 (-0.1%), il reste encore du chemin à parcourir.

Mario Draghi et les dirigeants de l’institution en ont bien conscience, c’est pourquoi le 22 octobre dernier, l’annonce a été faite que la banque centrale intensifierait très probablement son programme, et que les détails de l’opération nous seraient communiqués en décembre 2015.

Résultat : Le CAC 40 a regagné 2% !

Cet effet sur les marchés est néfaste, voire dangereux. La même politique outre-Atlantique a en effet entraîné les principaux indices américains à des plus hauts historiques ce qui n’est jamais très bon en Bourse car, quand un indice est trop valorisé sans justifications économiques réelles (résultats d’entreprises, baisse du chômage, hausse de la croissance, …) une crise attend au tournant.

Donc, même si le CAC est encore loin de son plus haut historique, un gain de 2% uniquement dû à l’anticipation de la continuité voir de l’intensification du programme monétaire exceptionnel de la BCE, devrait mettre les investisseurs sur le qui-vive.

La banque centrale  européenne a donc plusieurs options devant elle pour intensifier son programme « QE Z ». Elle peut le prolonger au-delà de la date butoir annoncée le 22 janvier, à savoir septembre 2016. Elle peut augmenter le montant de liquidités qu’elle injecte chaque mois en rachetant des obligations, aujourd’hui de 60 milliards d’euros. Ou bien, elle peut encore plus baisser son taux de dépôt afin de forcer les banques à réinjecter leurs liquidités dans l’économie réelle, plutôt que de les confier à la BCE.

La vraie question est : Une intensification du programme permettra-t-elle de faire repartir l’inflation en zone euro ?

Effectivement, entre les problèmes économiques auxquels font face les pays émergents d’une part (négatifs pour nos exportations), et les prix du pétrole qui sont toujours bas (inférieurs à $50 /baril), les pressions déflationnistes sont nombreuses.

Mais le point le plus intéressant reste l’euro. En effet, à cause de la politique monétaire américaine qui maintient le dollar à un niveau faible, notre monnaie, elle, s’apprécie naturellement ce qui ne permet pas à l’inflation de repartir. Mario Draghi est donc obligé de répondre aux annonces de la Réserve Fédérale américaine pour favoriser un Euro faible.

 

Graphique d’évolution de la paire EUR/USD. On y constate l’impact des annonces du 22 janvier et du 22 octobre.

 

Tous les regards et les spéculations se tournent maintenant vers la fin d’année, et les interventions des membres du Comité Directeur de la BCE qui vont jalonnés la route jusqu’à cette date. L’objectif est d’avoir de plus en plus de certitudes sur cette intensification à venir de la politique monétaire.

Raisonnablement, on peut déjà s’attendre à ce que le QEZ ait de beaux jours devant lui …

Mathias François-Dourthe

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