Le marché actions, une bonne affaire ?

Les tempêtes boursières de ces dernières années ont su refroidir les investisseurs les plus dynamiques. Aujourd’hui beaucoup misent sur la sécurité et s’éloignent des marchés actions, où le potentiel de gain est pourtant censé être supérieur. A tort ou à raison ?

Quelle performance passée pour le CAC 40 et le Nasdaq?

Le graphique ci-dessus est assez explicite : le CAC 40 est perdant sur les quinze dernières années. Un capital de 18 000€ investi sur le CAC 40 au 1er septembre 2000 aura chuté à 11 997€ le 1er septembre 2015. Il n’y a donc eu aucun intérêt à rester investi sur le CAC 40 de manière passive sur cette longue période.

Ci-dessous l’évolution de l’indice américain Nasdaq sur la même période :

Les actions Outre-Atlantique se sont mieux comportées sur la même période, avec une performance positive à l’arrivée. Néanmoins entre septembre 2000 et septembre 2015, un capital de 18 000€ investi sur l’indice Nasdaq n’aura évolué qu’à 22 642€, soit un rendement annuel de 1,54%. Le gain réalisé pour un investissement passif sur cette période apparait léger face aux risques encourus.

Quelles perspectives à long terme pour un investissement actions ?

Le graphique ci-dessous montre les performances d’un investissement sur le CAC 40 sur 15 ans. Par exemple, un capital investi en mai 1976 aura gagné 981,64% entre 1976 et 1991. Un capital investi en septembre 2000 aura perdu 33,35% entre 2000 et 2015.

Même s’il ne prend pas en compte la capitalisation de dividendes, ce graphique illustre parfaitement la disparition de l’idée selon laquelle un investissement actions ne pourra que grimper à long terme. Jusqu’en 2000 la majorité des investisseurs ont perçu un gain substantiel sur 15 ans. Depuis le début des années 2000, la plus haute volatilité et l’important développement technologique des outils d’échanges tendent à limiter le potentiel de gain d’un investissement passif sur 15 ans. Ce constat est d’autant plus véridique depuis 2012, où un capital investi sur le CAC 40 sur 15 ans est en moins-value.

Quelle gestion adopter ?

Dans un contexte patrimonial, il est délicat d’investir sur des supports dynamiques comme les actions lorsqu’on ne peut pas arbitrer son portefeuille régulièrement, par manque de temps ou de support. Alors comment profiter du potentiel des actions à long terme sans risquer une performance nulle ou peu intéressante comme le CAC 40 et le Nasdaq ?

Voici un graphique montrant l’évolution d’un capital suivant trois stratégies :

  • En rouge l’évolution d’un capital de 18 000€ investi sur le CAC 40 ces quinze dernières années.
  • En bleu l’évolution d’un capital initialement nul et alimenté de 100€ tous les mois investis sur le CAC 40 sur les quinze dernières années, soit un cumul de versements de 18 000€.
  • En vert l’évolution d’un capital initialement nul et alimenté de 100€ tous les mois investis sur un support monétaire sans risque ni rendement sur les quinze dernières années, soit un cumul de versements de 18 000€.

Voici un graphique similaire appliquant les deux premières stratégies d’investissement citées ci-dessus sur le Nasdaq :

Dans les deux cas, la stratégie de l’épargne régulière surpasse largement l’investissement cash : +70% en faveur de la stratégie d’épargne pour le CAC 40 et +60% pour cette même stratégie concernant le Nasdaq.

L’idée à retenir est la suivante : l’abondement régulier d’un portefeuille d’actions permet de lisser sa courbe de performance. Les périodes de hausse permettent d’accroître le capital existant et les périodes de baisse permettent d’acheter des actions faiblement valorisées par le biais des versements. Dès lors qu’on prévoit un nombre d’arbitrages limité sur un investissement actions, il y a donc tout intérêt à alimenter le portefeuille de manière régulière.

Dans cet article, seule la période 2000-2015 est analysée. Sur des périodes plus anciennes, le résultat d’un investissement de 18 000€ comparé à une épargne mensuelle de 100€ par mois sur 15 ans serait différent. Néanmoins les quinze dernières années reflètent la réalité du monde financier qui nous entoure et des fluctuations qu’il subit. L’adage selon lequel un investissement boursier est forcément gagnant sur longue période ne peut aujourd’hui plus être appliqué. A l’inverse, l’affectation d’une épargne régulière sur les marchés s’avère redoutablement efficace pour en contrôler la volatilité.

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Grégoire Charvériat


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