Marches actions : faut-il vendre ?

Mi-février 2016, le CAC 40 perdait près de 25% par rapport à ses niveaux d’avril 2015. On parle désormais de krach et le spectre de 2008, où le CAC 40 avait perdu plus de 40% se fait jour. Fin janvier, on entendait beaucoup dire que la situation actuelle n’avait rien à voir avec celle de 2008 et que la baisse des marchés n’était qu’une correction passagère. Ces propos étaient-ils ceux de financiers qui avaient récemment fait acheter des actions à leurs clients ou bien ceux d’experts des marchés ?

Chaque année débute par un road show des sociétés de gestion qui exposent leur vision des marchés pour les douze mois à venir. Début 2016, le sentiment général était plutôt positif, en particulier pour les actions européennes et japonaises. Quelques sociétés de gestion comme Pictet AM, Exane AM ou Lazard Frères Gestions sont cependant restées prudentes. Un mois plus tard, comment a évolué le sentiment des investisseurs ?

Investor Intelligence publie chaque semaine un ratio comparant le nombre d’opérateurs bullish à ceux bearish. Les bullish voient un marché haussier, les bearish, baissier. Le graphique ci-dessous illustre l’évolution du ratio divisant le nombre des bullish par celui des bearish.

Source : Yardeni Reasearch, Investors Intelligence

On constate que rares sont les périodes où le ratio est inférieur à 1, c’est-à-dire où les bearish sont plus nombreux que les bullish. Ce fut le cas en 1994 (où le CAC 40 a perdu 17%) et en 2008 (où le CAC a perdu plus de 42%) notamment. La majeure partie du temps les bullish sont nettement plus nombreux que les bearish. Ainsi, début 2015, avec un ratio supérieur à 3, les  bullish étaient plus de trois fois plus nombreux que les bearish. Depuis la mi-2015, on assiste à un effondrement du ratio, avec le 16 février 2016, un ratio à 0,67, soit 67 bearish pour 100 bullish.

Les opérateurs sont donc devenus clairement pessimistes sur l’avenir dans les prochains mois des marchés actions.

Le graphique ci-dessous illustre l’évolution de l’indice Dow Jones et les périodes (en vert) au cours desquelles le ratio bull/bear était inférieur à 1, c’est-à-dire que les bearish étaient plus nombreux que les bullish

Wall Street Journal, Investor Intelligence

Outre le fait que le Dow Jones est actuellement proche de ses plus hauts historiques, on constate que les périodes au cours desquelles les investisseurs sont dans un état d’esprit « bear » sont peu fréquentes depuis le début des années 1990 et correspondent à des périodes de forte baisse de l’indice.

Alors va-t-on revivre le scénario de 2008 ?

Au plan purement graphique, on ne serait pas surpris de voir l’indice Dow Jones chuter fortement. La dernière baisse date de 2007-2008, la précédente de 2000-2001. On peut aussi se demander si le sentiment bearish des investisseurs ne va pas devenir auto-réalisateur, c’est-à-dire que le sentiment que le marché est baissier ne va pas accélérer la baisse.

Les sociétés de gestion deviennent aussi moins optimistes qu’elles ne l’étaient en janvier. Ainsi, dans sa note « Investment research » du 13 février 2016, AXA IM titrait « Actions : vente sur rebond. » De même, dans sa note « Convictions » diffusée le 17 février 2016, Natixis AM écrit « Nous conservons notre sous-pondération en actions. »

Début janvier, certaines sociétés de gestion considéraient la baisse des actions comme une opportunité d’achat, aujourd’hui tel ne semble plus être le cas…

Eric Sabrié

CTA investir prudemment sur les marchés financiers

Sources :

http://www.yardeni.com/pub/peacockbullbear.pdf

http://www.investkeeper.com/blog/placement/ 

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