Zoom sur l’analyse technique de vos OPCVM boursiers

L’analyse technique d’un fonds boursier peut sembler être un sujet opaque. La plupart des épargnants préfèrent laisser la gestion de leurs portefeuilles de valeurs mobilières à leur banquier ou assureur. Cet article a pour but d’introduire quelques indicateurs techniques, dont la compréhension peut permettre de rapidement questionner, ou valider, les fonds présents dans une allocation.

Dans cette optique, nous limiterons cet article à trois indicateurs en particulier : l’alpha, le bêta et le ratio de Sharpe.

Fonds boursier : Faciles à utiliser, essentiels à comprendre !

L’alpha et le bêta sont les deux indicateurs de base dans le domaine des fonds boursiers. Les deux sont très liés puisqu’ils permettent de comparer la qualité de l’OPCVM qu’on souhaite analyser, avec celle de son indice de référence (par exemple, le CAC 40).

Le bêta (β) va mesurer la volatilité du fonds par rapport à cet indice de référence.

De combien la valeur de cet OPCVM va changer, pour un changement dans la valeur de l’indice ?

Cet indicateur en l’état reste néanmoins difficile à analyser. La volatilité à la hausse étant une bonne chose, alors que la volatilité en cas de baisse est précisément ce que l’on souhaite éviter …

Pour simplifier les choses, les sites spécialisés ont scindés le bêta en deux : le bêta haussier et baissier. Cela permet d’avoir une idée plus précise de comment se comporte le fonds. L’idéal étant bien sûr un fonds ayant un bêta haussier élevé, pour un bêta baissier faible.

L’alpha (α) est aussi bien une mesure de la qualité du fonds, que de la pertinence de la gestion du gérant. Cet indicateur calcule la performance du fonds, par rapport à son indice de référence. Plus il est élevé, et plus l’OPCVM surperforme son indice. Son calcul est directement lié à la valeur du bêta, de manière à prendre en compte la prise de risque du fonds. En effet, on doit être en mesure de faire la différence entre le gérant dopant le rendement de son OPCVM, en limitant par ailleurs la prise de risque, avec le gérant qui le fait au détriment de cette sécurité.

Vous l’avez compris, il est impératif de maîtriser la compréhension de ces deux indicateurs, si tant est que l’on souhaite moins laisser la gestion de ses fonds boursier à son banquier, ou à son assureur.

Il existe beaucoup d’autres indicateurs, mais s’il faut en choisir un troisième pour procéder à une analyse simple et efficace, parlons du ratio de Sharpe.

Le ratio de Sharpe est en fait un mixte entre le bêta et l’alpha. Concrètement, il permet de mesurer l’impact, sur le rendement du fonds, d’une prise de risque plus élevée.

De quel rendement supplémentaire, le fonds peut-il bénéficier d’une hausse d’1% de sa volatilité ?

Vous l’avez compris, si ce ratio est négatif, passez votre chemin et cherchez un autre fonds. S’il est compris entre 0 et 1, c’est mieux mais pas suffisant. Cela signifie que le rendement est obtenu à travers une prise de risque excessive puisque, le dénominateur représentant la volatilité est supérieur à la performance, au nominateur.

Un ratio supérieur à 1 nous indiquera une gestion suffisamment active du fonds, qui bénéficie d’une prise de risque plus élevée.

Le ratio de Sharpe est donc un outil à maîtriser en priorité, n’oubliez pas qu’une bonne compréhension de ce critère vous permettra de gérer la volatilité de votre portefeuille d’OPCVM. Et surtout de ne pas se laisser aveugler par de beaux rendements, au détriment de la sécurité de son épargne.

Comparons deux fonds boursier

Il peut être parfois difficile de comparer les fonds présents dans ses allocations. Les indicateurs expliqués dans cet article sont des outils très efficaces de comparaison. L’objectif doit être de pouvoir sélectionner le fonds qui correspond le mieux à son profil de risque.

Pour les besoins de cet exemple, nous avons sélectionnés les fonds ACMB American Growth, et Fidelity American Special Situations tous deux exposés au marché américain.

Afin de faire une analyse utile, représentative de la stratégie long terme du fonds, on choisira une période de 5 ans.

On constate déjà que les deux fonds ont bien performés comparé à leurs indices de référence respectifs. D’un côté, on a un α de 41.17% sur cinq ans et de l’autre de 32.15%.

En ce qui concerne le ratio de Sharpe, on remarque que celui du fonds Fidelity est sensiblement plus élevé que celui d’AMCB. Sans être réellement concluant, on peut en déduire que le fonds ayant le ratio le plus élevé profite plus d’une prise de risque supplémentaire. Notons toutefois que les deux fonds ont un ratio supérieur à 1, c’est un bon point.

Quand on compare les β haussiers et baissiers, on voit tout de suite qu’ACMB est plus volatile que Fidelity. Cette volatilité étant plus élevée à la hausse comme à la baisse.

En conclusion sur cinq ans, ACMB performe mieux que Fidelity, mais avec plus de volatilité, ce qui est confirmé par son ratio de Sharpe moins élevé (précisons ici que, dans la formule de calcul de ce ratio, la volatilité du fonds est au dénominateur).

Mathias François-Dourthe, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Grégoire Charveriat

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