placement pea

Depuis la crise de 2008, le montant des encours détenus sur les Plans d’Epargne en Actions (PEA) n’a plus jamais atteint la barre symbolique des 100 milliards d’euro. Pis, la baisse de rendement des différents placements sans risques n’a pas relevé l’intérêt pour ce placement. Le traumatisme des crises financières successives a sans doute causé une aversion pour le risque, à une période où les placements sans risques n’octroient plus de rendement. Dans un contexte fiscal changeant, où l’imposition sur les plus-values des placements financiers évolue, Investkeeper vous propose de refaire un point sur le PEA.

Le PEA dans les grandes lignes

Contrairement aux autres placements réglementaires, le PEA est limité à deux ouvertures par foyer. Avec un plafond de versement limité à 150 000 €. Tous les titres ne sont pas éligibles au PEA, seuls les titres d’entreprises européennes peuvent être acquis dans le cadre d’un PEA, et sous la condition qu’ils soient éligibles. La gestion de ce placement n’est pas contrainte par la signature obligatoire d’un mandat de gestion.

Ce plan se distingue par l’ouverture de deux comptes, un compte-espèces et un compte-titres. Le compte-espèces alimenté en espèces permet l’acquisition de valeurs mobilières. Après acquisition, le compte-titres est crédité d’actifs types actions, parts de SARL, mais aussi des parts d’organismes telles que les SICAV ou les OPCVM peuvent être détenues. Les dividendes sont versés sur le compte-espèces. Aucun retrait du compte-espèces ne peut avoir lieu avant les huit ans, sous peine de clôture du PEA.

L’exception fiscale du PEA conservée

Le principal attrait d’un PEA est sa fiscalité préférentielle qui, une fois le 5ème anniversaire du Plan, permet de payer uniquement les prélèvements sociaux sur les gains acquis, en cas de rachat.

La fiscalité attrayante du PEA ne sera pas modifiée par le Projet de Loi de Finances 2018.

Ce projet de loi modifie la fiscalité applicable aux plus-values financières, avec l’instauration du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %. Cette flat tax s’appliquera sur l’ensemble des plus-values à partir de janvier 2018, et à même modifier le régime fiscal préférentiel de l’assurance-vie. Le PEA en revanche ne sera pas impacté par ce PFU, il conservera son échelle fiscale actuelle.

Le mécanisme « historique » des taux de prélèvements sociaux peu modifié.

Au même titre que le Plan d’Epargne en Entreprise (PEE), le PEA bénéficie d’un traitement particulier vis-à-vis du taux de prélèvements sociaux qui s’applique sur les plus-values en cas de rachat. En effet, le taux qui s’applique est celui qui était en vigueur lorsque le gain a été acquis, et non pas celui en vigueur lors du rachat.

L’amendement n°269 du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2018, change cette règle de la façon suivante :

  • Les gains constatés avant le 1er janvier 2018, seront toujours soumis aux prélèvements sociaux historiques, quel que soit l’année de rachat,
  • Pour les gains constatés après le 1er janvier 2018, le taux de prélèvement sociaux qui s’appliquera en cas de rachat sera celui en vigueur au moment du rachat, et non plus celui en vigueur lorsque le gain a été constaté.

Cette mesure vise à conserver le bénéfice des taux historiques pour les gains déjà acquis (donc, pas de rétroactivité de la hausse de la CSG de 1.7 % à partir de janvier 2018). Par contre, les futurs gains de nos Plan d’Epargne en Actions ne seront pas protégés en cas de hausse supplémentaire des prélèvements sociaux.

Exception : Si votre PEA a moins de 5 ans au 1er janvier 2018, vous pourrez bénéficier de la règle des taux historiques sur les gains engrangés avant le cinquième anniversaire de votre contrat.

PEA placement rentable

Quel rendement attendre ?

En théorie, le rendement attendu est une rémunération du risque. Les études empiriques ont prouvé qu’ils n’étaient pas avérés que les placements les plus rémunérateurs fussent toujours les plus risqués. Pour se prémunir du risque pris, l’épargnant peut diversifier son portefeuille de titres détenus dans son PEA.

En cas de crise majeure, il est tout à fait possible de céder les actifs présents sur le compte-titres, et de décider de conserver les encours sur le compte-espèce de son PEA en attendant un retournement de la conjoncture.

Conclusion

Depuis quelques années, le rendement des placements réglementés type Livret A, LDD et autre PEL s’est effondré. En octobre 2017, l’inflation était de 1,1%, lorsque le rendement du livret A est de 0,75 point. Une perte d’attractivité largement compensé par la garantie sur les encours et leurs liquidités, deux facteurs rassurants, à défaut d’être rémunérateurs. Si l’on recherche du rendement, aujourd’hui, il faut accepter de prendre une part plus importante de risque. Investir sur les marchés financiers avec un PEA paraît donc une bonne option.

Concernant l’échelle fiscale du PEA conservée, l’attrait par rapport au PFU de 30 % est évident une fois le cinquième anniversaire du contrat. Avant cela, ce n’est pas forcément vrai. Le prélèvement fiscal pour un rachat pré-cinquième anniversaire étant de 19 voir de 22.5 %, une fois les prélèvements sociaux pris en compte, l’addition peut se révéler supérieure à 30 %. Pour vous y retrouver, contactez un spécialiste !

Eric Sabrié

Eric Sabrié, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Eric Sabrié

news-CTA-IK-v3

Partager ce contenu

FacebookTwitterLinkedIn

Mentions Légales  - ©2018 Création de Markentive

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?