Les fonds en euro des contrats d’assurance-vie restent parmi les supports financiers favoris des Français. Pour preuve, ils représentent plus de 80% des encours dans les contrats d’assurance-vie, le placement préféré dans l’Hexagone avec le Livret A. Les fonds en euro ont tout l’attirail pour plaire : sécurité (garantie en capital), liquidité et fiscalité de l’assurance-vie. Un seul bémol : leur rendement. Depuis maintenant une bonne vingtaine d’années, la rentabilité des fonds en euro diminue quasiment sans discontinuité, au point pour les investisseurs de se poser la question d’y rester investi malgré leurs qualités évidentes.

Encore une fois le mois de janvier, qui sonne l’arrivée des chiffres de l’année précédente, va donner matière à réflexion pour les investisseurs : comment ont performé les fonds en euro en 2016 ? Méritent-t-ils encore l’intérêt que leurs portent les Français ?

Quels résultats pour les fonds en euro en 2016 ?

Les chiffres des fonds en euro arrivent au compte-gouttes en ce début d’année 2017. La plupart des assureurs et distributeurs ne semblent pas pressés d’annoncer les rendements de leur fonds en euro sur l’année passée, et pour cause : la fourchette moyenne annoncée est comprise entre 1,80 et 1,95%.

Cette fourchette de résultat confirme clairement la tendance des années passées, avec un côté historique puisque pour la première fois le chiffre avancé est en deçà des 2%.

rendement moyen des fonds en euros

D’où vient cette baisse continue ? Notamment du fait que la plupart des fonds en euro sont largement investis en obligations d’Etat, dont le rendement n’a cessé de décroître sur la même période.

D’autres facteurs sont aussi en cause, comme les récentes contraintes imposées par la législation.

Nouvelle législation : quel impact ?

La Loi Sapin II, adoptée en novembre 2016, a renforcé les pouvoirs du Haut conseil de stabilité financière. Ce dernier peut désormais limiter voire suspendre (3 mois maximum, renouvelables) les rachats des contrats d’assurance-vie en cas de crise financière aigüe ou si l’assureur est en difficulté. La liquidité de l’assurance-vie, soit la possibilité de récupérer le capital investi en unités de compte et en fonds en euro, est dans ce cadre menacée.

Le deuxième volet majeur de cette loi concerne la distribution du rendement des fonds en euro. Les assureurs vont désormais devoir pérenniser ou constituer une réserve de sécurité appelée provision pour participation aux excédents. Jusqu’à présent les assureurs ont pu maintenir des rendements décents sur les fonds en euro en distribuant une partie de cette réserve. Ils ne pourront plus appliquer cette politique dans les années à venir, et ne pourront donc pas éviter une prochaine baisse des rendements.

Faut-il s’inquiéter ?

Tout d’abord, la faible performance des fonds en euro est à relativiser : le rendement net de prélèvements sociaux, soit 1,6%, est toujours deux fois plus important que celui du livret A (0,75%) ou que la plupart des placements sans risque.

Bien évidemment, il faut avoir conscience que cette situation n’est pas nécessairement amenée à perdurer : il est tout à fait probable que la performance des fonds en euro se rapproche du taux du Livret A.

Pour cette raison et pour ceux qui, dès à présent, jugent le rendement insuffisant en tenant compte du risque de liquidité de l’assurance-vie par rapport aux livrets bancaires (cf. section ci-dessus), il est utile de connaître certaines alternatives aux fonds en euro classiques :

  • Les unités de compte classiques (fonds actions et obligations) : plus risquées, sans garantie en capital mais avec un potentiel de rentabilité supérieur, puisque leur rendement est directement lié à l’évolution de la bourse ;
  • Les fonds en euro à sous-jacents autres que les obligations d’Etat : il existe des fonds en euro partiellement investis en immobilier ou dans des produits financiers plus dynamiques. Avantage par rapport aux unités de compte : la conservation d’une garantie en capital ;
  • Les produits structurés : ces produits, plus complexes que les fonds actions, permettent d’avoir une garantie en capital jusqu’à un certain seuil et espérer un rendement assez élevé sur une période donnée. Ils ont l’avantage de pouvoir être souscrits dans un contrat d’assurance-vie mais n’offriront pas une garantie sur l’intégralité du capital (sauf pour des montants très élevés).

La baisse de rendement des fonds en euro est un fait mais ne doit pas vous résigner à voir votre épargne stagner. Des solutions existent, mais il est nécessaire de se rapprocher de conseillers spécialisés pour trouver celle qui correspond réellement à votre situation.

 

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Grégoire Charvériat, Auteur de l’article

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SOURCES :

http://www.assemblee-nationale.fr

https://www.francetransactions.com

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