Dans son instruction n°2011-19, l’Autorité des marchés financiers (AMF) nous donne une définition de ce qu’est un OPCVM diversifié, nom officiel d’un fond flexible : « Cette catégorie rassemble tous les OPCVM qui ne relèvent pas d’une autre catégorie »

Clairement, cette définition n’est pas exhaustive, il convient donc d’en donner une plus construite.

Un fond flexible est un fond dont l’allocation va évoluer en fonction d’évènements conjoncturels, la société de gestion ayant deux objectifs :

  • Octroyer à l’investisseur un rendement supérieur à celui des fonds Euro des assurances vie (entre 2 et 2.5% brut).
  • Limiter la prise de risque.

Pour y arriver, l’équipe de gestion du fond va faire varier, suivant la conjoncture du moment, la part du fond investie en actions, et celle investie en obligations, sans contraintes de zone géographique ni de secteur. Théoriquement, les actions offrent un meilleur rendement que les obligations, qui en retour sont plus sécurisés.

Un fond parfaitement flexible peut faire varier son capital investi en actions de 0 à 100%. En réalité, les gérants sont rarement investis à 100% en actions, car ils s’imposent une limite maximum d’exposition inférieure.

L’indice de référence choisi, sur lequel se basera le fond et auquel il comparera sa performance, est donc souvent la combinaison entre un indice « Actions » et un indice obligataire.

Le principe des fonds flexibles confronté à la réalité.

En théorie, les fonds flexibles misent donc sur les obligations pour s’assurer une base de sécurité, et  sur les actions pour générer du rendement.

Le problème est que, souhaitant capter l’intérêt d’investisseurs extérieurs, l’équipe de gestion ne peut se contenter du rendement sécurisé des obligations d’Etat françaises (OAT). La partie obligataire doit générer également un bon rendement.

Nous sommes aujourd’hui dans un environnement de taux bas, et l’OAT est passé, en dix ans, d’un rendement supérieur à 3% à un rendement inférieur à 1%.

Les gérants doivent donc, tout en conservant une part obligataire dans leur allocation, se diriger vers des obligations à meilleur rendement, nommément les Investment Grade et High Yield.

Bien sûr, ces obligations sont plus risquées.

Une obligation étant une part de dette, le risque qu’encours son détenteur est un risque de défaut, l’émetteur pourrait ne plus être en mesure d’honorer sa dette. Les obligations citées plus haut sont émises par des entreprises, ou des pays, dont la probabilité de défaut est plus importante. Par conséquent, les détenir rapporte plus.

Evolution du rendement de l'OAT

 

Les fonds flexibles peuvent, en plus, utiliser les produits dérivés, hautement risqués.

Malgré l’existence de limites maximales sur la part de son capital que le fond peut investir en actifs risqués, on est en droit de se demander si ces fonds peuvent être classifiés de « fonds patrimoniaux », à savoir, des fonds qui ne privilégient pas le rendement au détriment de la sécurité des capitaux apportés par les investisseurs.

Quels sont les critères à retenir pour sélectionner un bon fond flexible ?

Tous les critères apparaissent sur le document de présentation du fond :

  • L’exposition maximum que le fond peut avoir aux produits, et aux zones géographiques, les plus risqués.
  • Son profil de risque. Il varie de 1 (risque et rendement faible) à 7 (risque et rendement élevé), en moyenne pour un fond flexible, ce risque gravite entre 3 et 5.
  • Sa performance par rapport à l’indice de référence.
  • La commission de surperformance qui est le bonus de la société de gestion, si la performance annuelle du fond dépasse celle de l’indice de référence. Elle peut varier de zéro à 25%.
  • La volatilité du fond par rapport à l’évolution des taux d’intérêt (la sensibilité).

Quoi qu’il en soit, investir dans un fond flexible doit se faire avec parcimonie. Il faut respecter la règle de diversification, être bien sûr de comprendre la stratégie de gestion du gérant.

Par ailleurs, nous vivons peut-être une période nouvelle. En effet, jusqu’à présent, les violents mouvements de baisse sur les actions s’accompagnaient d’un mouvement de « fly to quality » qui faisait progresser les obligations. La baisse de la poche actions des fonds flexibles était compensée par la hausse de la poche obligations. La baisse des actions de l’été 2015 s’est aussi accompagnée d’une baisse des obligations…

Mathias François-Dourthe

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