Quelles stratégies pour disposer de revenus complémentaires à la retraite ?

La retraite est un sujet préoccupant pour la plupart d’entre nous. La croissance démographique et l’évolution du nombre de retraités a fait exploser le système des retraites, il y a donc une incertitude quant au niveau de vie que nous pourrons maintenir à notre départ. Pour répondre à cette incertitude, il est possible de mettre en place des stratégies de création de revenus complémentaires. Quelles sont-elles et comment arriver à s’assurer une qualité de vie décente à la retraite ? Eléments de réponse.

Pourquoi des revenus complémentaires ?

Les caisses de retraite vont mal : aujourd’hui, un cadre suivant un régime « classique » peut espérer obtenir environ 50% de ses revenus de fin de carrière à la retraite. La raison ? Les caisses des retraites complémentaires Agirc et Arrco se vident beaucoup plus vite qu’elles ne se remplissent, entrainant une baisse du niveau des pensions versées. Les spécialistes s’interrogent déjà sur un possible assèchement des réserves financières de ces caisses complémentaires d’ici 2020[1]. Les nouveaux retraités ont donc déjà du souci à se faire.

Il faut se préparer à recevoir une pension faible, et anticiper la création de compléments de revenus. De plus dans une optique patrimoniale, il est toujours préconisé de diversifier ses revenus de manière générale. Le principe pour la retraite est identique : ne pas compter uniquement sur la bonne santé des caisses des retraites et sur la fiabilité du système global.

Déterminer son niveau de revenus complémentaires souhaité à la retraite

Créer du complément de revenus, soit, mais combien? La stratégie ne sera pas la même suivant le niveau de revenus recherchés. On aurait tendance à dire « le maximum », mais les risques à prendre ne sont pas les mêmes non plus. Il faut donc définir le revenu à atteindre.

La première question à se poser est la suivante : dans l’état actuel des choses, quel revenu j’aurai à la retraite, et quelle différence par rapport à ce que je souhaiterais ? Par exemple, on peut espérer maintenir le niveau de salaire perçu en fin de carrière. Il faut donc constituer l’équivalent de 50% de ce montant pour compenser la baisse à la retraite (cf. section  ci-dessus).

Pour cela, il faut se constituer un patrimoine de rapport, c’est-à-dire un patrimoine dont les composants distribuent des revenus. Reste à choisir les composants, soit les actifs qui vont procurer ce revenu.

Quelles pistes pour avoir du complément de revenus?

La source de revenus complémentaires choisie doit être fiable et sécurisante. Il faut pouvoir se projeter avec des certitudes sur les rentrées d’argent à venir et ce sur le long terme.  Les marchés financiers sont par exemple à exclure car le risque y est trop élevé et ne correspond pas du tout avec l’objectif de retraite.

Lorsqu’on évoque des revenus complémentaires, on pense souvent à l’immobilier locatif. Cependant, l’immobilier locatif résidentiel n’apporte pas toutes les garanties et présente  des défauts[2] non négligeables : vacance locative, rendements moindres (2,5 – 3%), gestion des biens, rapport de force en faveur du locataire qui peut partir à tout moment, etc. En vue de revenus complémentaires, le marché de l’immobilier d’entreprise (bureaux, commerces, hôtels, etc.) apparaît bien plus efficace. Les rendements sont plus élevés (5 – 6%) et les baux fermes (3, 6, 9 ans…) inversent le rapport de force en faveur du propriétaire. En tant que particulier, il est plus avantageux d’investir sur ce marché par le biais de véhicules collectifs spécialisés comme les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) qu’en direct, ce qui permet de choisir le montant investi et d’éviter toute gestion locative. Le principe est d’acquérir un portefeuille de parts de la SCPI par lequel sont perçus des revenus tirés des loyers du parc immobilier d’entreprise. Les baux fermes assurent un rendement régulier pour les années à venir et la grandeur du parc (100 biens à maturité) permet de diversifier le risque. De plus, la valeur de vos parts augmente proportionnellement à l’évolution de la valeur du parc immobilier.

Il est tout à fait possible d’utiliser une assurance-vie pour se procurer des revenus réguliers en effectuant des rachats partiels correspondant au rendement du contrat. Vous avez par exemple un contrat de 100 000€ avec un rendement de 5% par an. L’idée est de retirer ces 5% (soit 5 000€ par an) en n’entamant pas le capital de 100 000€. La fiscalité avantageuse de l’assurance-vie après 8 ans permet d’effectuer des retraits très peu imposés (7,5% + les prélèvements sociaux de 15,5% après 8 ans), d’autant que seulement la partie en plus-value est fiscalisée. Si vous avez 20% de plus-value sur votre contrat et que vous retirez 5 000€, votre imposition sera égale à 23% x 20% x 5 000€ = 230€ (soit 4,6% du montant retiré).

Enfin, de manière générale, il est conseillé d’éviter les produits bloqués jusqu’au départ à la retraite. Pourquoi ? Parce que la vie est faite d’imprévus et qu’une stratégie patrimoniale doit pouvoir s’adapter dans le temps si nécessaire. Sur des parts de SCPI ou un contrat d’assurance-vie, il est possible de récupérer une partie du capital si nécessaire, pour n’importe quelle raison. Sur un PERP, il faut attendre la retraite. A bon entendeur…

Grégoire Charvériat


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