Quels sont les bons placements pour préparer les études des enfants ?

Frais de scolarité et logement compris, le coût global lié aux études supérieures des enfants peut atteindre 100 000€ (voir notre article: « Combien coûtent les études des enfants »). Comment anticiper au mieux cette dépense?

Jouer la sécurité pour pour préparer les études

Si vos enfants sont en bas âge, l’horizon de placement reste relativement long. Cependant, même sur longue période, les investissements dynamiques de type actions peuvent s’avérer risqués : le CAC 40 est perdant sur les quinze dernières années. Dans ce contexte de forte volatilité sur les marchés, il est primordial de tenir compte du risque de perte en capital. Lorsque la dépense à couvrir est inévitable (i.e. paiement des frais de scolarité et de logement), il est dangereux de s’exposer à une baisse des marchés le jour où le capital doit être employé. De manière générale, les placements volatiles, subissant de fortes variations tout au long de leur existence, sont à esquiver.

Reste ensuite à trouver des placements sans risque ou peu risqués avec un rendement correct : c’est le profil des fonds en euro des contrats d’assurance-vie. Les fonds en euro sont garantis en capital, il n’y a donc aucun risque de perte sur le contrat. Néanmoins, étant majoritairement investis en obligations d’états, leur rendement baisse d’années en années et se situent autour de 2,2% en 2015. Pour contrecarrer cette baisse de rendement, certains assureurs proposent des fonds en euro à sous-jacent immobilier (d’entreprise), qui eux procurent des rendements nettement supérieurs, autour de 4%. Sur 8 ans, 74 000€ placés à 4% par an permettent d’atteindre largement l’objectif de 100 000€. Sur 15 ans, 56 000€ sont nécessaires pour atteindre ce même objectif.

Utiliser de l’épargne régulière

L’âge moyen d’une mère à la naissance du premier enfant en France est de 28 ans (source : INSEE). A ce moment-là de sa vie, il n’est pas courant d’avoir un capital de plusieurs dizaines de milliers d’euros à placer. Néanmoins l’anticipation du financement des études supérieures reste un allié de poids : l’épargne régulière est alors un excellent substitut au capital à affecter.

Sur 15 ans, 420€ versés chaque mois sur un placement qui rapporte 4% par an suffisent à atteindre les fameux 100 000€. Sur 8 ans, il faut monter à 905€ par mois. Suivant le niveau d’anticipation, l’épargne régulière peut être redoutablement efficace pour éviter de monopoliser un capital. En-dessous de 8 ans, il sera plus efficace de placer un capital dans la majorité des cas.

Le levier de la dette peut aussi être attractif si vous bénéficiez d’au moins une dizaine d’années devant vous, pour acheter un bien à louer et le revendre au moment des études supérieures. Les conditions actuelles de taux d’emprunt extrêmement bas sont favorables à cette stratégie.

Garder de la flexibilité

En général les études supérieures durent 5 ans. Les dépenses s’étalent tout au long de cette période et demandent une certaine flexibilité en gestion de trésorerie et donc sur les placements utilisés.

Considérons l’idée suivante : vous êtes Parisien, et avez un enfant de 3 ans. Vous pourriez acheter un bien locatif par emprunt sur 15 ans et limiter l’effort d’épargne grâce aux loyers perçus. Au terme des 15 ans, l’idée serait d’y loger votre enfant de sorte à économiser un loyer pendant ses études ou de vendre le bien et financer les études avec le produit de la revente. Plusieurs inconvénients à cette stratégie :

  • Paris ne rassemble que 13,7% des étudiants de France (Source : Le Figaro Etudiant), il y a donc peu de chances que votre enfant y soit au moment de ses études.
  • Il peut être compliqué de revendre le bien en temps voulu et au prix souhaité. Autrement dit, la liquidité est limitée.
  • Les rendements locatifs à Paris se sont érodés pour se situer autour de 2-3%, ce qui rend l’effet de levier moins efficace.
  • L’emprunt demande une épargne forcée, non adaptable dans le temps et augmente votre ratio d’endettement, ce qui peut affecter des projets par ailleurs (ex : acquisition d’une résidence principale ou secondaire).

Si vous souhaitez tout de même utiliser le levier de la dette, il peut être plus opportun d’investir dans de l’immobilier d’entreprise diversifié par le biais de parts de Sociétés Civiles de Placement Immobilier. Le rendement y sera bien meilleur (autour de 5 %), la liquidité plus importante et étant donné que vous êtes propriétaires d’un portefeuille de parts, vous pourrez étaler la revente de ces parts sur les années d’études de votre enfant (voir : la Pierre-papier : quel est le fonctionnement des SCPI ?).

L’assurance-vie offre là encore un cadre favorable puisque la liquidité y est bien plus élevée que sur de l’immobilier (rachat d’un contrat = environ 2 semaines*) et il est même possible d’effectuer des rachats programmés.

*en fonction des assureurs

Considérer la fiscalité

Sur un horizon moyen-long terme, il est important d’anticiper la fiscalité à la sortie du placement. L’assurance-vie, au-delà de 8 ans, a une fiscalité sur la plus-value très faible (7,5% après un abattement + prélèvements sociaux) et offre un cadre favorable pour placer de l’argent en vue des études des enfants.

Le levier de la dette sur de l’immobilier locatif (en direct ou par des SCPI) est quant à lui efficace par le biais de la déduction fiscale des intérêts d’emprunt sur les revenus fonciers générés (ce qui n’est pas le cas pour votre résidence principale par exemple).

A contrario, un compte titres ne sera pas adapté d’un point de vue fiscal : vous serez imposé à hauteur de votre tranche marginale d’imposition et des prélèvements sociaux après un abattement éventuel sur la plus-value. Si par exemple cette tranche passe d’un niveau de 30% au moment de l’ouverture du compte à 41% voire 45% au moment des études des enfants, vous serez pénalisé lors des rachats.

Grégoire Charvériat


CTA

Mentions Légales  - ©2018 Création de Markentive

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?