Face à la baisse de rendement des fonds en euro, fallait-il arbitrer vers des supports dynamiques ?

La Fédération Française des Sociétés d’Assurance (FFSA) a relevé une collecte positive à 135,3 Milliards d’euros sur les assurances-vie en 2015 (contre 128,9 Milliards d’euros en 2014). Sur cette somme, 108,2 Milliards d’euros ont été investis sur des fonds en euro, garantis en capital, contre 27,1 Milliards d’euros sur les Unités de Compte (UC), la partie dynamique et donc plus risquée des contrats. En 2014, 20,4 Milliards d’euros avaient été collectés sur les Unités de compte, soit une évolution positive de 33% entre 2014 et 2015, bien plus rapide que la collecte totale (+5%).

Quelles sont les raisons de cette appétence des épargnants pour les supports dynamiques ? Le contexte boursier ultra volatil leur donne-t-il raison ?

Rendement des fonds en euro vs rendement des UC

Il est frustrant de voir le rendement de son assurance-vie diminuer, même sur la partie sécurisée – investie en fonds en euro – de son contrat. Les années 2000 ont habitué les épargnants à des rendements plus que corrects pour les fonds en euro, au-delà de 5% en moyenne jusqu’en 2001 et au-delà de 4% jusqu’en 2008. En 2015, un seul fonds en euro maintient ce niveau de rendement, la moyenne s’établissant à 2,3%. L’histogramme ci-dessous reprend les rendements des fonds en euro depuis 1997 :

Entre 1997 et 2015, le rendement des fonds en euro a été diminué de plus de la moitié. Cet affaissement incite à aller chercher de la performance sur les UC, dont le potentiel de performance et le risque, tous deux liés aux marchés, sont nettement supérieurs. Sur cette même période, quelle a été l’option la plus rentable ?

Le graphique ci-dessous compare le rendement des fonds en euro et celui des UC sur la période 1997-2015. A une exception près (2007), chaque fois que les UC ont un rendement positif elles surperforment les fonds en euro.

Le prochain graphique compare maintenant l’évolution d’un investissement initial de 100 sur les fonds en euro et d’un investissement initial de 100 sur les UC, de 1997 à 2015.

Depuis 1997, il aura été plus rentable d’avoir été investi sur les fond en euro que sur les unités de compte ! Les années boursières délicates ont largement plombé la performance à moyen et long terme des UC.

Réitérons la comparaison d’un investissement de 100 cette fois-ci sur la période 2003-2015, qui n’inclut donc pas la forte baisse des années 2001 et 2002.

Sur cette période, les UC surperforment les fonds en euro. Néanmoins, la différence est d’à peine 10% sur 12 ans, et de 0,78% annualisée. Pour le risque pris, la récompense parait minime.

Quelle a été la réaction des investisseurs jusqu’à présent ?

Les épargnants ont toujours privilégié les fonds en euro, qui ont représenté plus de 80% de la collecte sur les contrats d’assurance-vie en 2015. Les UC ont donc représenté un peu moins de 20% de la collecte l’année dernière. Ce pourcentage a cependant varié du simple au double sur les quinze dernières années, suivant l’évolution des marchés financiers. Les épargnants se sont-ils tournés les UC au bon moment ? Le graphique suivant montre leur comportement entre 2000 et 2015 :

Le constat est assez flagrant : les années de forte collecte d’UC ne coïncident pas avec une tendance haussière sur les marchés.

Focalisons-nous sur trois périodes :

  • Entre 2000 et 2002 : les UC ont représentées en moyenne 28,6% de la collecte sur les contrats d’assurance-vie, avec une tendance dégressive qui a perduré en 2003. Les UC, sur la même période, n’ont connu que des rendements négatifs, dont un -15,2% en 2002. Les épargnants ont pleinement subi les pertes liées à l’explosion de la bulle internet, et n’ont pas profité du rebond de 2003.
  • En 2006 et 2007, la collecte d’UC est vivement repartie à la hausse, avec une moyenne d’environ 25%. Le rendement des UC en 2008 a été de -22,3%. Les épargnants ont subi les effets de la crise des subprimes sur la partie dynamique de leurs contrats. En 2009, la part des UC dans la collecte a baissé à 13%, alors que cette même année les UC ont performé de 14,4%. Les épargnants n’ont pas profité du rebond boursier.
  • Enfin après la crise des dettes souveraines en 2011, la part des UC dans la collecte des assurances-vie est passée de 14% (2011) à 12% (2012), tandis que la performance des UC a été de 11% en 2012.

Il semble qu’il y ait une corrélation négative entre la part d’UC dans la collecte et le rendement des UC, qui représenterait une réaction tardive des épargnants aux hausses et baisses des marchés financiers.

En définitive, privilégier les UC face aux fonds en euro n’a pas été un choix gagnant pour les épargnants par le passé.

Quelle stratégie adopter à l’avenir ?

La part des UC dans la collecte sur les contrats d’assurance-vie n’a cessé de croître depuis 2012. Depuis 2012, les UC ont offert des performances supérieures aux fonds en euro sans exception et 2015 n’a pas échappé à la règle avec cependant une performance moins forte que les années précédentes, à 4,1%.

Le début de l’année 2016 a été le théâtre d’une extrême volatilité sur les marchés, avec une forte baisse suivie d’une remontée. Difficile de repérer une tendance pour le reste de l’année et à moyen terme pour le rendement des UC.

Pour ce qui est des fonds en euro, le rendement attendu est toujours en baisse, dans la continuité des quinze dernières années et cela risque de se prolonger. Une chose est néanmoins certaine, ils offriront des rendements positifs et permettent d’ores et déjà d’établir des projections relativement précises sur l’évolution du capital.

La meilleure stratégie à adopter est le respect de son profil d’investisseur : déterminez la part de risque que vous pouvez supporter sur votre contrat pour en déduire la proportion d’UC au sein du contrat. L’objectif étant de conserver cette proportion. Et comment réagir face aux fluctuations boursières sur les UC ? Le mieux reste de déléguer la gestion de cette partie dynamique à des professionnels qui seront à même de réagir de manière rationnelle à ces fluctuations.

Enfin de manière générale, il ne faut pas oublier l’objectif premier de votre contrat d’assurance-vie, qui la plupart du temps est un outil de transmission ou d’épargne long terme, impliquant une part substantielle de sécurité sur le capital investi.

Eric Sabrié, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Grégoire Charveriat

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