Une fois que son entreprise dégage un excédent de trésorerie, un gérant doit se demander comment le rentabiliser. Cela nécessite de se poser deux questions :

  • Quel est le montant réel de mon excédent de trésorerie ?
  • Quel profil de risque me convient concernant le placement de ladite trésorerie ?

Sans surprise, il faut traiter l’investissement de sa trésorerie comme s’il s’agissait de son argent. D’où la nécessité de savoir quel « matelas de trésorerie » il faut conserver disponible à tout moment et si l’on souhaite risquer ou non l’excédent à investir.

Le but de cet article est de donner un tour d’horizon de ce qui existe pour placer sa trésorerie.

Si on laisse sa banque prendre la décision par défaut.

La banque détentrice du compte courant de son entreprise possède de nombreux placements spécifiquement conçus pour « rentabiliser » sa trésorerie. Les plus connus sont les comptes/dépôts à terme (CAT et DAT).

Le principe de ces placements est simple : Le capital investi est garanti moyennant un taux de rendement qui évolue suivant le taux Euribor.

Le taux Euribor (pour Euro Interbank Offered Rate) représente le taux auquel une banque prête de l’argent à ces consœurs. A titre indicatif, le taux Euribor 3 mois (souvent la référence pour déterminer le rendement des DAT/CAT) est passé de 4.6% en janvier 2008 à -0.329% en janvier 2017, une baisse de 107 % en 8 ans !

La logique est la suivante :

En janvier 2008, la banque X prêtait à la banque Y et percevait environ 4 % d’intérêts sur son prêt. Elle pouvait donc sans problème rémunérer ses comptes à terme 3 % et quand même faire 1 % de marge.

En janvier 2017, X prête à Y sans percevoir d’intérêts !

Mais, comme elle ne peut pas proposer des produits de placement à rendement nul, X offre des comptes à terme au rendement le plus faible possible.

Dans le 1er cas, le rendement du CAT que la banque X proposait aux gérants souhaitant optimiser leur trésorerie, provenait directement du rendement qu’elle percevait de son prêt à Y. Dans le 2e cas, la banque X doit avancer le rendement de son compte à terme. Et les banques n’ayant pas pour habitude de perdre de l’argent, elles fixent ce rendement aussi bas que possible, même s’il doit être insignifiant.

Evolution du taux Euribor 3 mois.

Evolution du taux Euribor 3 mois

Et n’espérons pas trop des SICAV monétaires, un autre classique des banques concernant le placement de la trésorerie d’entreprise. Le rendement de ces fonds boursiers est également basé sur celui de l’Euribor.

Maintenant que l’on a établi que les placements sans-risque classiques de trésorerie ne rapportent presque rien aujourd’hui, quelles sont les alternatives et à quel prix sont-elles disponibles ?

Quelques idées pour chercher un peu plus de rendement

 La première alternative consiste à placer son excédent de trésorerie dans ce qu’on appelle un produit structuré, il s’agit d’un placement « sur-mesure » permettant de connaître le risque pris et le rendement potentiel, à l’avance. Produit bancaire plus complexe, le structuré peut s’adapter aux besoins de l’investisseur et même aller jusqu’à garantir le capital à 100 % à échéance du produit.

On peut donc ici trouver des produits garantissant le capital avec un potentiel de rendement largement plus élevé que celui des comptes à terme, moyennant par contre un horizon de placement beaucoup plus long. Il n’est en effet pas rare qu’un produit structuré s’étale pendant huit voir dix ans, alors qu’un CAT court sur une période dépassant rarement trois ans.

En gardant bien en tête que les conditions de rendement et de risque d’un produit structuré ne sont valables que si on le conserve jusqu’à son échéance (telle qu’expliquée dans la notice du produit considéré), on peut se retrouver avec une partie de sa trésorerie bloquée pendant quatre ans voir plus.

Autre inconvénient, garantir un capital investi sur un produit structuré coûte cher à une banque. C’est la raison pour laquelle ils ne proposeront une garantie à 100 % que pour des investissements élevés. Le ticket d’entrée, suivant le risque que l’on souhaite faire prendre à la trésorerie de son entreprise, peut donc être élevé (il faut souvent placer au minimum 500 000 € pour obtenir une garantie du capital à 100 %).

Une deuxième option est de placer sa trésorerie sur de l’immobilier.

Encore plus d’actualité avec la vulgarisation de produits immobilier, type SCPI, faciles à acheter et ne nécessitant pas de supervision particulière de la part de l’investisseur, acheter de l’immobilier pour rentabiliser sa trésorerie est très intéressant aujourd’hui. On peut par ailleurs décider d’optimiser fiscalement son investissement au moyen de montages élaborés, type démembrement de propriété, mais il est ici plus prudent de se rapprocher d’un professionnel avant de faire quoi que ce soit.

Dans un monde où les taux sont aussi bas, investir sa trésorerie nécessite plus de réflexion car le placement bancaire sécurisé ne rapporte presque plus. Cela nécessite de vérifier la compatibilité de l’investissement voulu avec les statuts de son entreprise, mais aussi d’en calculer l’impact fiscal. Pour simplifier cet exercice, rencontrer un professionnel pour en discuter peut se révéler très judicieux avec un vrai gain de temps à la clé.

Mathias François-Dourthe

Mathias François-Dourthe, Auteur de l’article

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