CAC40

Cela fait maintenant deux ans que le CAC suit la même tendance : Il augmente de manière prononcée durant le premier semestre de l’année en cours, puis subit la pression de différents chocs externes (cours des matières premières, politiques monétaires) qui se traduit par une hausse de la frilosité des investisseurs, pour clôturer l’année à bout de souffle.

En 2014, alors qu’on avait un CAC en hausse de plus de 8% début juin, il clôtura en baisse de 0.54%.

En 2015, après un passage au-delà de la barre des 5 200 points fin avril, se traduisant par une hausse de 24%, il clôture finalement à 9%.

Même si 2015 fût meilleure que 2014 pour l’indice français, il n’en reste pas moins vrai que la baisse de sa performance fût aussi importante sur les deux années.

Dans cet article, il s’agit de faire un bilan exhaustif des différents évènements ayant motivés les hausses et les baisses du CAC 40, dans un but de comprendre la raison de cette chute au second semestre.

Evolution du CACA 40

Une année placée sous l’égide de la Banque Centrale Européenne

L’institution de Francfort nous l’avait annoncé dès la fin 2014 : Elle serait très présente sur le plan macroéconomique en 2015 !

Deux mots résument son action : Quantitative Easing.

En début d’année, la Banque Centrale Européenne a lancé son programme massif de rachats d’actifs obligataires afin de relancer l’inflation dormante dans la zone euro, et de donner du mou aux pays membres pour qu’ils mettent en place de vraies réformes. Mais l’impact le plus direct de ce programme intitulé « QE Z » fût son soutien à la hausse du CAC 40, qui en a profité pour, tôt dans l’année, arriver à son plus haut depuis la crise de 2008 (5268.9 points).

La relation établie était donc claire : Une annonce de Mario Draghi, le président de la BCE, en faveur de sa politique monétaire expansionniste, allait provoquer une hausse du CAC.

Le problème de cette logique fût qu’elle a motivé des attentes de plus en plus élevées de la part des investisseurs. Tant et si bien que, fin 2015, quand Mario Draghi a annoncé la poursuite du quantitative easing sans en augmenter la taille, le CAC a dévissé. L’annonce était positive mais pas assez pour rassurer les investisseurs.

Là réside le problème de la politique monétaire de la BCE. Si l’institution nourrit les attentes (de plus en plus élevées) des investisseurs, les marchés financiers haussent. Si, pour une quelconque raison, elle déçoit, les marchés baisseront. Ce constat est dangereux, voir effrayant.

Le problème chinois

Comme nous l’expliquions dans notre article La Chine : L’eldorado économique est-il en travaux ?, le géant chinois a surpris les marchés financiers en 2015. Brutale dévaluation de sa monnaie, indicateurs industriels décevants, ont favorisé la peur des investisseurs.

Cette frilosité des investisseurs, déjà exacerbée par la Banque Centrale Européenne, a donc dû faire face à un vent de doute soufflant depuis l’Asie, et les pays émergents, dont la croissance dépend beaucoup de celle de la Chine.

En 2015, la Chine a entamé le long et lourd processus de passer d’une économique centrée sur son commerce extérieur, à une économie reposant sur la consommation des chinois et sur les services. Le CAC, comme les autres marchés mondiaux, a mal réagi à ce changement.

Cette relation de cause à effet s’est illustrée notamment en août 2015. En effet, suite au changement opéré par la banque centrale chinoise dans le calcul de la valeur du yuan, l’indice de Shanghai décroche de 23% en l’espace d’une semaine. Le CAC suit, et perdra 12% en six jours.

N’oublions pas la Grèce

L’épisode grec a aussi été, sans aucun doute possible, un évènement majeur pesant sur l’évolution du CAC l’année dernière.

En guise de rappel, la Grèce faisait face aux premières échéances vis-à-vis de ses créanciers, nommément le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Centrale Européenne. Et les montants concernés étaient tout sauf ridicules, on parlait d’une échéance de 1.5 milliards d’euros en faveur du  FMI, et pas moins de 7.5 milliards d’euros pour la BCE.

Et évidemment le pays, en plus de ne pas posséder suffisamment de liquidités disponibles pour repayer ne serait-ce que son échéance au FMI, venait d’élire un parti anti-austérité au pouvoir.

L’incertitude continue sur l’ensemble du premier semestre de l’année 2015, autour de ce dossier grec, a entamé la performance du CAC. Ce doute fût motivé par un dialogue de sourds particulièrement dangereux entre la Grèce, qui ne souhaitait pas faire face à sa dette, et les créanciers qui, FMI et Allemagne en tête, n’envisageaient pas une seconde de voir la réalité en face : le pays avait besoin d’un nouveau prêt européen pour repayer ses échéances, voire d’une modulation de sa dette.

Le fait est que, là où la politique monétaire de la BCE entraîna une hausse de 24% du CAC, l’épisode grec le fît chuter de 9%.

En conclusion, l’année 2015 a été une année d’incertitudes. La frilosité des investisseurs n’a fait que grandir, motivée par leur dépendance vis-à-vis de la BCE, et un environnement macroéconomique difficile.

Mathias François-Dourthe.


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