Rétro Eco : Que faut-il retenir de l’année 2015 ?

L’année 2015 a été le théâtre de bien des espoirs avec des marchés actions qui se sont globalement bien comportés à l’instar du Topix (+11,7%) et de l’Euro Stoxx (+10,3%). A l’inverse, la dégringolade du cours des matières premières constitue la principale désillusion de cette année passée.
Retour sur une année charnière pour les investisseurs avec un tour d’horizon des places stratégiques.

Les marchés émergents, une vigilance maintenue

Depuis 2011, la croissance des pays émergents est à la baisse. Constat maintenu en 2015 avec la confirmation d’un ralentissement. L’endettement du secteur privé dépasse les 120% du PIB et la tendance ne prévoit pas d’amélioration pour les exercices à venir.

En terme de cash, longtemps en hausse sur ces dernières années, les réserves de change ont entamé une décroissance (-11%) et cela n’a pas empêché les différentes devises de se déprécier.
Sur le plan boursier, les actions émergentes sous-performent depuis 3 ans : l’indice MSCI Emergents fait -20% en 2015. A titre d’exemple, l’indice européen performe à +42% sur la même période. Enfin, le price to book ratio qui compare la valeur d’une société sur le marché à sa valeur nette comptable, permet d’en déduire que les valeurs boursières au sein des pays émergents sont « bon marché ».

En faisant un focus sur la Chine, principale locomotive des pays émergents, on constate que malgré le ralentissement évoqué précédemment, la consommation se maintient à des niveaux intéressants (+10,6% sur la vente de détail, +20% sur les immatriculations automobiles). La Chine parvient donc à s’agripper aux branches de son économie de consommation et de services.
Le nerf de la guerre pour la Chine est aujourd’hui sa monnaie : le Yuan. La parité dollar/yuan permet de se faire une idée du problème auquel fait face le pays aujourd’hui. Entre 2011 et 2014, la devise chinoise, face au dollar, affichait un certain équilibre (voire même une supériorité en 2014). Cependant depuis fin 2014, le cours a amorcé une chute vertigineuse. L’origine de cette chute est en réalité volontaire. Ce phénomène, appelé dévaluation compétitive, permet un regain de compétitivité sur le plan international par le biais d’un pilotage du cours de la monnaie. Les exportations vers l’Europe ont en effet reculé de 12% début 2015 et la Chine souhaite à court terme corriger le tir.

Les Etats-Unis, une solidité affichée ?

La hausse du PIB américain en 2015 est un indicateur qui a rassuré bon nombre d’investisseurs. Cependant sur le plan macroéconomique, le secteur industriel a connu une dégradation de ses performances. En conséquence, les profits des entreprises américaines se sont tassés (en moyenne 11,5% du PIB)  et les produits et services américains se sont globalement moins bien exportés.
Les compagnies américaines semblent entamer un nouveau cycle puisque l’endettement et les besoins de financement repartent à la hausse. Les salaires suivent également cette tendance.
L’environnement économique conduit ces entreprises à opérer des fusions-acquisitions, l’objectif étant de créer des synergies et d’accélérer leur croissance. Chiffre à l’appui, avec un volume potentiel de 2500 Md$, les opérations de fusions-acquisitions ont atteint cette année des sommets records (+67% vs. 2014).

Enfin, le fil rouge de cette fin d’exercice 2015 a été l’attente concernant l’évolution des taux de la Fed. Janet Yellen, actuelle présidente de la Fed, a annoncé en décembre une première remontée des taux. A long terme, la hausse des taux s’opérera de manière progressive en 3 phases (contre 4 discutées en septembre 2015). Selon les analystes internationaux, les marchés s’adapteront au fur et à mesure : par le passé les performances du S&P 500 ont toujours su tirer le meilleur des hausses de taux. Concernant les devises, les spécialistes s’attendent à une parité Euro/Dollar quasi certaine. D’ailleurs les prises de positions spéculatives confirment cela puisqu’elles ont tendance à baisser sur le cours Euro/Dollar.

L’Europe, maintien d’une conjoncture favorable

Sur le Vieux Continent,  l’impact positif du Quantitative Easing a permis une croissance positive, soutenue par une consommation des ménages en progression (+2.9% hors alimentation). En revanche, contrairement aux Etats-Unis l’investissement est en baisse.
Loin des performances de la Fed, la BCE maintient tout de même un bilan positif et devrait continuer de croitre grâce aux rachats de dettes publiques et privées (60 Md€ par mois). Les bénéfices par actions semblent également combler petit à petit leur retard par rapport à ceux observés sur les titres américains. Les petites et moyennes valeurs justifient ici leurs bonnes performances en 2015 (respectivement +24,9% et +17,9% en dividendes réinvestis).
En se projetant vers 2016, la BCE a annoncé 2 mesures principales qui auront pour but de continuer à soutenir la reprise : l’abaissement du taux de dépôt à -0,30% (vs.-0,20% auparavant) et l’extension du programme « Quantitative Easing » jusqu’en mars 2017.

Focus sur les matières premières : l’exemple du pétrole

Le paradoxe du baril de Brent en 2015 a été le suivant : une baisse du prix du baril malgré une demande en hausse (notamment de la part des pays émergents). L’explication réside essentiellement par la vitesse à laquelle a évolué l’offre par rapport à la demande. Certes la demande a augmenté (notamment les pays émergents) mais l’offre proposée par les compagnies pétrolières a été beaucoup plus importante. Donc le prix a naturellement chuté.

Conclusions et axes importants pour 2016

  • Moins d’ambition affichée concernant le marché action
  • La reprise du cycle en zone euro
  • Un marché obligataire à étudier avec précaution

Auteur : Bruno Falcao


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