rapport banque centrale

Les banques centrales sont au centre de l’actualité économique depuis plusieurs années. Il n’est donc pas exceptionnel que les différents rapports que ces institutions publient, soient attendus et décortiqués. La Banque de  France publie chaque année son Rapport Economique Annuel. 2015 ayant été une année pour le moins chahutée, économiquement parlant, le dernier rapport était attendu.

Depuis sa publication, les différents opérateurs de marchés s’en sont saisis pour l’analyser, dans l’espoir d’en retirer une idée de comment 2016 s’annonce. Après tout, pour prévoir l’évolution économique d’un pays, ou d’une zone, il faut tout de même se baser sur le passé.

Donc, malgré la célèbre phrase du jargon bancaire, qui veuille que les performances passées ne présagent pas des performances futures, tout le monde y va de son interprétation du rapport en s’imaginant déjà prévoir le futur. Le mot d’ordre global semblant être, qu’après deux crises importantes (2008 et 2011), la zone Euro est de retour sur le chemin de la croissance.

Mais, que dit exactement ce rapport ?

Rapport banque centrale : Il y a effectivement du bon

En 2015, la croissance de la zone Euro s’élève à 1.6% ce qui représente son plus haut niveau depuis 2011, pré-crise des dettes souveraines bien sûr. Cette bouffée d’air fait du bien à une des zones économiques les plus instables depuis la grande crise de 2008. Dans le détail, seule la Grèce reste tributaire d’une croissance négative (-0.2%), par contre l’Espagne mène la danse avec une solide hausse de 3.2% sur l’année. De quoi faire réfléchir l’Allemagne et la France qui gravitent autour des 1%.

Evolution de la croissance sur les dix dernières années.

croissance zone euro

Le fait est que, globalement, la croissance est meilleure qu’en 2014, notamment grâce à une nette hausse des dépenses de consommation et de l’investissement total (ménages et entreprises). Les ménages ont effectivement dépensés 1.7% de plus qu’en 2014, tandis que l’investissement total décolle de 2.7% ! Un score réellement impressionnant quand on sait que, l’investissement des entreprises dans l’économie réelle est, pour la Banque Centrale Européenne, un pilier de la reprise économique.

Tout paraît donc parfait dans le meilleur des mondes, et si on en reste là, on peut déjà crier victoire. Il n’en reste pas moins que, en allant un peu plus dans le détail, le tableau est plus contrasté.

Mais il reste encore et toujours des points de vigilance

Déjà, à notre niveau. En France, l’investissement total a stagné en 2015 après une baisse de 1.2% en 2014. C’est mieux mais cela signifie quand même que, ménages et entreprises, n’ont pas investis plus l’année dernière. Toute réflexion personnelle mise de côté, c’est l’investissement des ménages qui fait cruellement défaut ici. Il s’est contracté de 2.8% en 2015 ! Certes, cela est moins que la contraction de 2014 (-5.3%) mais il est difficile de sortir le champagne.

Mais le vrai point de vigilance touche l’ensemble de la zone Euro. Rappelons qu’en 2015, le pétrole a très souvent fait les gros titres, à cause de sa constante perte de valeur. Ce facteur seul a un gros impact sur la consommation des ménages sur la même année.

De la même façon, le chassé-croisé continu entre la Réserve Fédéral américaine, et la Banque Centrale Européenne, a forcé globalement un euro faible en 2015. Cela a relancé la compétitivité des entreprises de la zone à l’étranger, et a donc offert un coup de pouce aux exportations.

Le problème du pétrole et de l’euro, c’est que ces deux facteurs sont extrêmement volatiles. L’un dépend d’un jeu d’influence entre les Etats-Unis et les pays de l’OPEP, sans compter sur les évènements naturels (comme des incendies au Canada …). L’autre du comportement des banques centrales américaine et européenne, qui ont aussi donnés le sentiment de ne pas être complètement maîtres de leurs décisions, en tout cas courant 2015.

En définitive, la croissance en 2015 est sur une pente ascendante, et on peut déjà s’en féliciter. Mais de là à affirmer que c’est reparti, il n’y a pas qu’un pas, il y a un gouffre.

Eric Sabrié

Eric Sabrié, Auteur de l’article

Contacter l'auteur de l'article - Eric Sabrié

CTA investir prudemment sur les marchés financiers

Partager ce contenu

FacebookTwitterLinkedIn

Mentions Légales  - ©2018 Création de Markentive

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?